RDC : Tshisekedi veut simplifier la vie des entreprises avec un identifiant unique

Créer une entreprise en République démocratique du Congo peut encore ressembler à un parcours semé d’obstacles : formulaires à remplir, bureaux à visiter, numéros à obtenir et informations à répéter auprès de plusieurs services. Le président Félix Tshisekedi veut désormais mettre fin à cette multiplication des démarches administratives.
Lors du récent Conseil des ministres du vendredi, le Chef de l’État a demandé au Gouvernement d’accélérer la mise en place d’un identifiant unique des entreprises, selon le compte rendu de la réunion. Cette référence devrait être reconnue par les différentes administrations et services publics appelés à intervenir dans la vie d’une entreprise.
L’objectif affiché est de rendre la formalisation plus simple, plus rapide et moins coûteuse, particulièrement pour les jeunes qui souhaitent lancer une activité.
Mettre fin aux démarches répétitives
Dans son intervention, le président Tshisekedi a relevé que les entreprises sont souvent confrontées à une multiplicité d’étapes, de numéros et de références délivrés par plusieurs administrations. Cette situation alourdit les procédures, occasionne des dépenses supplémentaires et oblige les entrepreneurs à fournir plusieurs fois les mêmes informations.
Avec l’identifiant unique, l’idée est qu’une entreprise puisse être reconnue à travers une même référence dans ses rapports avec les services concernés. L’entrepreneur ne devrait donc plus recommencer les mêmes formalités à chaque étape de son parcours administratif.
Au-delà du gain de temps, les autorités espèrent faciliter les échanges de données entre institutions, fiabiliser les informations sur les entreprises et renforcer leur traçabilité. La réforme est aussi présentée comme un moyen de soutenir la formalisation de l’économie, de lutter contre la fraude et d’améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Un enjeu pour les jeunes
Cette mesure s’inscrit dans la continuité de l’adresse présidentielle du 12 septembre 2026, lors de la remise des documents de formalisation à de jeunes entrepreneurs. Félix Tshisekedi avait alors demandé au Gouvernement de renforcer les capacités du Fonds spécial pour la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes, le FSPEEJ.
Pour le Chef de l’État, l’accompagnement des jeunes ne peut pas se limiter aux annonces de financement ou aux programmes d’appui. Il passe aussi par un environnement administratif compréhensible et accessible.
Pour un jeune porteur de projet qui veut ouvrir un salon de coiffure, une petite entreprise de transport, un atelier de couture ou une activité de vente en ligne, la formalisation peut devenir décourageante lorsqu’elle impose trop de déplacements, de pièces à fournir et de frais à payer. C’est cette réalité que le Gouvernement est appelé à corriger.
Plus qu’une réforme numérique
Le Président a précisé que l’identifiant unique ne devra pas être réduit à une simple interconnexion informatique des bases de données déjà existantes. La réforme devra également s’accompagner d’une révision des textes légaux et réglementaires qui régissent les administrations concernées.
Les services publics devront identifier les exigences jugées redondantes ou devenues obsolètes, puis harmoniser les règles afin qu’elles correspondent aux exigences actuelles de l’environnement des affaires et de la transformation numérique. Le gouvernement devra aussi garantir l’interopérabilité des systèmes et la sécurisation des échanges d’informations. En clair, les administrations devront être capables de communiquer entre elles, sans exposer les données des entrepreneurs.
Trois mois pour préciser le mécanisme
Sous la coordination de la Première ministre, les ministères, administrations et services concernés sont chargés de prendre les dispositions nécessaires à la mise en œuvre de cette réforme.
Un rapport circonstancié est attendu dans un délai de trois mois. Il devra présenter les mesures prises, le mécanisme choisi ainsi que le chronogramme de déploiement de l’identifiant unique.
Pour les entrepreneurs, notamment les plus jeunes, l’attente sera simple : voir cette réforme se traduire dans les faits. Moins de va-et-vient, moins de documents réclamés plusieurs fois et davantage de temps pour développer une activité, embaucher et créer de la valeur.
MNM









