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Ituri : à Komanda, les arbres disparaissent, l’agriculture menacée

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À Komanda, dans le territoire d’Irumu, en Ituri, les arbres se font de plus en plus rares. Dans cette région où de nombreuses familles vivent de l’agriculture, la disparition progressive des espaces boisés commence à se faire sentir jusque dans les champs et l’alimentation des ménages.

Pour produire du charbon de bois, construire des maisons ou gagner de nouvelles terres cultivables, des habitants coupent les arbres. Une pratique qui, selon plusieurs habitants, se poursuit sans contrôle suffisant.

« La disparition des forêts est alimentée par les fabricants de charbon de bois, les exploitants forestiers et les agriculteurs. Ils coupent les arbres sans réglementation. Lorsqu’on détruit la forêt, c’est la population qui finit par en souffrir », témoigne Avenda, habitant de Komanda.

Cette transformation du paysage s’accompagne, selon les habitants, de changements dans leur quotidien. La chaleur est davantage ressentie et les périodes de pluie et de soleil seraient devenues moins prévisibles.

Pour Asimwe Wilfred, expert en histoire et gestion du patrimoine, la disparition des arbres a également des conséquences sur le climat. Leur coupe et leur combustion contribuent notamment aux émissions de dioxyde de carbone, explique-t-il.

« Lorsque les arbres sont sciés ou brûlés, cela contribue aux émissions de gaz à effet de serre, notamment le dioxyde de carbone. Cela joue sur le changement climatique et le réchauffement de la planète », souligne-t-il.

À Komanda, ces changements compliquent surtout le travail des agriculteurs. L’irrégularité des pluies et l’érosion des sols rendent plus incertaine la préparation des campagnes agricoles. Une question revient désormais chez les cultivateurs : quand faut-il semer ?

Rebecca Masika, agricultrice, dit avoir perdu les repères qui permettaient autrefois de planifier les semis.

« Actuellement, on ne comprend plus rien. Nous n’avons pas un calendrier agricole fixe. Avant, nous savions qu’on pouvait planter les haricots aux mois de juin, juillet ou août et obtenir de bons rendements. Aujourd’hui, vous pouvez croire que c’est la bonne période pour semer, mais quelques jours après, vous constatez l’apparition d’un soleil excessif », raconte-t-elle.

Quand les récoltes diminuent, les conséquences dépassent les champs. Les revenus des familles baissent et l’accès à la nourriture devient plus difficile. Pour certaines d’entre elles, le manque de ressources pousse alors à se tourner davantage vers le bois et le charbon de bois.

Un cercle difficile à interrompre : la forêt recule, les activités agricoles deviennent plus incertaines et la pression sur les ressources naturelles augmente.

Reagan Bin Kakani, depuis Komanda

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