Kinshasa : l’avenue Sankuru, dans le quartier Ngwaka, envahie par les déchets

À quelques jours du retour des pluies, l’avenue Sankuru, dans le quartier Ngwaka, au cœur de la commune de Kinshasa, en République démocratique du Congo, est devenue presque impraticable. La chaussée est envahie par les détritus, les caniveaux sont bouchés et les riverains s’inquiètent des conséquences sur leur cadre de vie et leur santé.
Il est 7 heures du matin de ce vendredi 5 septembre lorsque le reporter d’Authentic360.cd arrive sur place. À une centaine de mètres déjà, l’odeur est difficile à supporter. Une fumée blanche s’élève au-dessus d’un amas de détritus. Des bouteilles en plastique brûlent à même le sol.

Bienvenue sur l’avenue Sankuru.
Ici, la route ressemble davantage à une décharge à ciel ouvert. À gauche, une camionnette rouillée est abandonnée. Au centre, bouteilles en plastique, sachets, sacs de ciment, vêtements usés et autres détritus occupent une grande partie de la chaussée.

À droite, un étroit passage fait office de trottoir. Les piétons avancent collés aux murs pour éviter les tas qui débordent sur la voie. Le caniveau, lui, est rempli d’une eau noire et stagnante. Selon les riverains, les véhicules ne peuvent pratiquement plus emprunter cette partie de l’avenue depuis plusieurs mois.
Une insalubrité qui s’installe
Les traces de brûlage sont visibles à plusieurs endroits. La fumée se mêle aux odeurs des matières en décomposition et des eaux stagnantes.

Bouteilles écrasées, boîtes de conserve rouillées, couches et sachets s’entassent dans une boue sombre. Des mouches circulent autour des amas et les habitants disent également être régulièrement confrontés à la présence de rats.
« On ne respire plus, surtout le soir. Les mouches entrent jusque dans les marmites », témoigne Marie-Josée, une habitante rencontrée sur place.
Elle poursuit : « On ne mange plus dehors. On ne sait plus dormir. L’odeur est insupportable, elle pique les yeux. La nuit, les rats entrent dans les chambres. Mes enfants ont des boutons sur le corps. Ça gratte. Au centre de santé, on nous a dit que c’est à cause de la saleté. »
Au-delà des nuisances quotidiennes, cette situation inquiète en raison des risques sanitaires liés à l’accumulation des détritus, aux eaux stagnantes et au brûlage à l’air libre.
Des alertes sans suite
Les riverains affirment avoir signalé la situation à plusieurs reprises au chef du quartier et au bourgmestre de la commune de Kinshasa.
Ils attendent notamment une intervention pour libérer la chaussée, assainir les lieux et rétablir l’écoulement des eaux.
Contactées par Authentic360.cd, les autorités communales de Kinshasa n’ont pas souhaité se prononcer sur cette situation.
Une situation qui pourrait s’aggraver
Avec des caniveaux largement obstrués, les habitants redoutent désormais que de fortes précipitations provoquent des débordements et entraînent les détritus vers les habitations.
Les eaux stagnantes peuvent également favoriser la prolifération des moustiques et, plus largement, aggraver les risques liés à l’insalubrité.

Pour les riverains, l’urgence est de nettoyer l’avenue, dégager les ouvrages d’évacuation des eaux et améliorer durablement les conditions sanitaires du quartier.
Le droit à un environnement sain
L’état de l’avenue Sankuru pose également la question des conditions de vie des habitants de Ngwaka.
L’article 53 de la Constitution congolaise dispose que « toute personne a droit à un environnement sain et propice à son épanouissement intégral ».
Sur cette avenue de la commune de Kinshasa, ce droit se heurte aujourd’hui à une réalité faite d’eaux stagnantes, de fumées et d’insalubrité.
JHS








