Kinshasa : quand les eaux stagnantes dictent l’itinéraire sur l’avenue ex-24 Novembre

Une moto s’engage, hésite, puis se déporte brusquement sur le côté. Quelques secondes plus tard, un taxi fait de même. Au milieu de l’avenue de la Libération, devant la prison centrale de Makala, une nappe d’eau stagnante impose désormais son propre itinéraire aux usagers.
Sur l’axe compris entre les avenues Kulumba et Révolution, la route est impraticable, obligeant chauffeurs et motocyclistes à contourner le tronçon pour rejoindre notamment l’arrêt Landu, à l’intersection des communes de Bumbu et Selembao.

À quelques centaines de mètres, vers le marché Selembao, les vendeurs profitent de la situation pour occuper les abords et parfois la chaussée, tandis que les déchets s’accumulent autour des caniveaux. Si les motos se faufilent dans les trottoirs, les véhicules sont contraints de faire un détour par l’avenue Ngiri-Ngiri pour ressortir plus loin sur Lubaki, passant par Birmanie.
Pour les usagers de cette artère, ces détours ne sont pas sans conséquences. En plus de consommer plus de carburant, ils ont un impact négatif sur les engins. De leur côté, les riverains se disent affectés par cette « invasion ». A ce tableau s’ajoutent des inquiétudes sécuritaires aux heures tardives alors que le quartier est réputé dangereux, avec la présence des Kulunas.
« Cette route est en cours de réhabilitation depuis longtemps, mais ça ne finit toujours pas », témoigne Makengo, chauffeur de taxi.
Dans ce décor déjà compliqué s’ajoute un autre souci. Dans ces eaux stagnantes se forment désormais des tas d’immondices, faits de bouteilles en plastique et d’autres déchets, causant des odeurs désagréables, bouchant les caniveaux et empêchant l’évacuation normale des eaux.

Selon un riverain rencontré, des tuyaux endommagés ainsi que les caniveaux obstrués seraient à l’origine d’une partie du problème.
« Cette eau provient des tuyaux troués et des caniveaux bouchés. Certaines parcelles voisines contribuent à envenimer la situation en jetant aussi leurs déchets sur la chaussée », explique-t-il.
Depuis janvier 2025, l’avenue de la Libération est pourtant en cours de réhabilitation. À ce jour, une partie de l’axe a déjà été bétonnée, notamment du croisement des avenues Kimbondo jusqu’à l’avenue Yonso, avant l’entrée de la prison centrale de Makala.
Milca Nlandu











