Loi sur le référendum : des organisations de la société civile appellent Tshisekedi à privilégier « la paix et le dialogue »

Un Groupe des organisations de la société civile signataires du mémorandum du 10 août dernier demande au président congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, d’abandonner définitivement la loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo.
Le communiqué des organisations de la société civile parvenu ce vendredi soir à Authentic360, tombe au lendemain du renvoi, par Félix Tshisekedi, de la loi référendaire au Parlement pour une nouvelle délibération. Une décision annoncée jeudi 13 août par le Bureau de l’Assemblée nationale, après l’arrêt de la Cour constitutionnelle du 28 juillet, qui avait déclaré le texte conforme à la Constitution tout en émettant des réserves sur 13 de ses 44 articles.
Pour le Groupe, ce renvoi constitue certes « une première étape », mais ne suffit pas. Il appelle désormais l’Assemblée nationale et le Sénat à abandonner définitivement l’examen de cette loi.
« Cette loi doit être définitivement abandonnée »
Les organisations estiment que l’ampleur des réserves formulées par la Cour constitutionnelle, ajoutée aux controverses qui ont accompagné l’adoption du texte, ne permet pas de poursuivre sereinement le processus.
« Une question aussi fondamentale ne peut être traitée dans un climat de suspicion, de polarisation et de défiance », soutient le Groupe.
Il demande ainsi que la session parlementaire de septembre soit consacrée aux préoccupations qu’il considère comme prioritaires pour la population congolaise : la paix, la réunification et la pacification du territoire, la protection des populations, l’amélioration des conditions de vie et la préparation des prochaines élections générales dans les délais constitutionnels.
Un appel direct à Tshisekedi
Les organisations de la société civile adressent également un message au chef de l’État. Elles l’exhortent à « se placer au-dessus des intérêts partisans, les siens propres y compris », et à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation.
Elles proposent, dans cette perspective, l’ouverture d’un dialogue national « véritablement inclusif » susceptible de contribuer à la pacification du pays, à la restauration de la confiance et à la recherche d’un consensus sur les réformes nécessaires, notamment électorales.
Pour les signataires, ce dialogue devrait permettre de réunir suffisamment tôt les conditions politiques, juridiques, institutionnelles, techniques et financières nécessaires à l’organisation des prochaines élections dans le respect des délais constitutionnels.
« Le peuple congolais n’a pas besoin d’un référendum constitutionnel »
Le Groupe rappelle par ailleurs que le respect de la Constitution s’impose à tous, particulièrement au président de la République, présenté par la Constitution comme le garant de son observance.
« Le peuple congolais n’a pas besoin d’un référendum constitutionnel. Il a besoin de paix, de sécurité, d’élections crédibles et d’institutions axées sur ses véritables priorités », affirment les organisations.
Elles maintiennent ainsi leur ligne : abandon définitif de la loi référendaire, respect de la Constitution et priorité à la paix et au dialogue.










