Kasaï : des policiers accusés d’avoir facilité une évasion à la prison de Luebo

Au moins 50 détenus se sont évadés dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 juillet de la prison de Luebo, dans la province du Kasaï. L’information a été confirmée par l’administrateur du territoire, Jean Tshiawuke wa Tshiawuke, qui a qualifié cette évasion d’« opération bien préparée ». Après leur fuite, la maison carcérale s’est retrouvée complètement vide.
Parallèlement, une vidéo consultée par Authentic360 et devenue virale sur les réseaux sociaux accuse des policiers affectés à la garde de la prison d’avoir facilité la fuite des détenus avant de quitter les lieux.
« C’est à 1 heure du matin que cela s’est produit. Nous avons entendu des détonations de balles. Ce matin, lorsque nous sommes arrivés sur place, nous n’avons trouvé aucun policier. Ils ont pris la fuite », affirme un homme dans cette vidéo.
La même source indique que deux détenues, qui n’auraient pas réussi à s’évader, sont restées dans la prison avant d’être enfermées par le directeur de l’établissement.
Selon les informations rapportées dans cette vidéo, ces deux prisonnières auraient raconté qu’un détenu avait attiré l’attention du chef de poste sur le bruit d’une porte en train d’être forcée. Celui-ci aurait alors répondu : « Sortez un à un et doucement. Ne vous précipitez pas. Personne ne va rester dedans, vous allez tous sortir. »
Toujours selon cette même source, les détenus auraient quitté la prison en laissant derrière eux une partie de leurs vêtements et effets personnels. Les coups de feu n’auraient été tirés qu’après leur départ, avant que les policiers ne désertent les lieux.
Les images consultées par Authentic360 montrent une prison entièrement vide de ses détenus et sans aucun agent de garde. Elles révèlent également des conditions de détention particulièrement précaires : absence de lits, de matelas et d’installations sanitaires, avec des nattes et des vêtements abandonnés à même le sol.
Cette nouvelle évasion intervient dans un établissement pénitentiaire déjà confronté à de graves difficultés. En février 2026, des acteurs locaux dénonçaient la détention prolongée de plus d’une centaine de prévenus, faute de magistrats, qualifiant la prison de Luebo de « mouroir judiciaire ».
Il ne s’agit pas du premier incident du genre. En août 2021, 27 détenuss’étaient déjà évadés de cette même prison après avoir profité de l’ouverture de la porte principale. À l’époque, l’administrateur du territoire avait expliqué que les gardiens, en sous-effectif, n’avaient pas pu empêcher leur fuite, alors que plusieurs des évadés étaient considérés comme des criminels dangereux.
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