Kinshasa : la saison sèche profite aux vendeuses de pastèques, un fruit aux multiples bienfaits

La saison sèche représente une période favorable pour les vendeuses de pastèques à Kinshasa. Au croisement des avenues Sendwe et Éthiopie, sur la route Kasa-Vubu, plusieurs commerçantes profitent de cette période pour écouler davantage leurs marchandises, avec des prix plus accessibles qu’en saison des pluies.
Installées le long de la voie publique, ces vendeuses proposent ce fruit très apprécié des consommateurs. Parmi elles, Maman Marie s’approvisionne principalement au plateau des Batéké, dans la périphérie de Kinshasa, ainsi que dans l’ancien Grand Bandundu.
Selon cette commerçante, la disponibilité du produit pendant la saison sèche permet aux vendeuses de mieux s’approvisionner et de proposer des prix plus abordables aux clients.

« Actuellement, un sac de petites pastèques coûte environ 50 000 francs congolais et un sac de pastèques de taille moyenne se vend à 100 000 FC. En revanche, entre septembre et avril, les prix augmentent : un sac de petites pastèques coûte entre 75 000 et 80 000 FC, tandis que celui des pastèques moyennes varie entre 130 000 et 160 000 FC », explique-t-elle.
La vendeuse affirme au micro de Authentic360 que cette activité lui permet de réaliser des bénéfices grâce à la vente en détail, notamment lorsque les fruits sont découpés en morceaux.
« Je vends une pastèque à 1 000, 3 000 ou 5 000 FC. Lorsqu’elle est découpée en morceaux, une pastèque achetée à 3 000 FC peut rapporter entre 5 000 et 6 000 FC », indique-t-elle.
Malgré ces avantages, Maman Marie estime que le commerce de la pastèque reste confronté à plusieurs difficultés. Elle cite notamment les coûts élevés du transport, les frais de manutention et les opérations de déguerpissement qui touchent régulièrement les vendeuses installées le long des routes.

« Le transport est très coûteux et nous devons aussi payer les porteurs. En plus, la police nous chasse souvent de cet endroit. Nous revenons parce que nous n’avons pas de marché où vendre nos produits », déplore-t-elle.
Un fruit apprécié par les consommateurs
Du côté des consommateurs, la saison est accueillie avec satisfaction. Une cliente rencontrée par Authentic360.cd affirme profiter de la baisse des prix pour acheter régulièrement ce fruit.
« J’aime beaucoup les pastèques. J’en achète presque chaque jour. Depuis le mois d’avril, elles sont moins chères, alors j’en profite. C’est un fruit rafraîchissant qui facilite aussi la digestion », témoigne-t-elle.
Des bienfaits pour la santé
Au-delà de son aspect commercial, la pastèque est également appréciée pour ses qualités nutritionnelles. À l’Hôpital Arcen Center, situé sur l’avenue Kabinda à Kinshasa, le Dr Baruti Kasongo explique que ce fruit contribue notamment à l’hydratation de l’organisme.
Selon ce médecin, la pastèque contient environ 90 % d’eau, ce qui aide à maintenir une bonne hydratation. Elle est également riche en vitamine C, qui participe au bon fonctionnement du système immunitaire, ainsi qu’en antioxydants, notamment le lycopène, qui contribuent à protéger les cellules.
Le fruit contient aussi de la vitamine A, bénéfique pour la santé de la peau et des yeux. Peu calorique, il peut être intégré dans une alimentation équilibrée.
Le Dr Baruti précise toutefois que sa consommation doit rester modérée, particulièrement pour certaines personnes souffrant de diabète ou de maladies rénales.
« Une consommation excessive peut provoquer des ballonnements ou des troubles digestifs chez certaines personnes. Pour les patients atteints de certaines maladies, il est préférable de suivre les recommandations d’un médecin », explique-t-il.
Le médecin rappelle également que la quantité de potassium apportée par la pastèque peut représenter un risque pour les personnes dont les reins fonctionnent mal, d’où l’importance d’une consommation adaptée.
Il recommande ainsi de consommer la pastèque avec modération, à raison d’une à deux portions par jour, dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée.
À Kinshasa, la saison sèche apparaît donc comme une période importante pour les vendeuses de pastèques, qui trouvent dans ce commerce une source de revenus, tandis que les consommateurs profitent d’un fruit apprécié pour son goût et ses bienfaits nutritionnels.
Ivonne Isangola, stagiaire UNISIC











