Camp-Luka : à Mahenge, un marché pirate prospère au milieu des eaux stagnantes

À Camp-Luka, dans la commune de Ngaliema, dans la ville de Kinshasa, en République démocratique du Congo, des dizaines de vendeurs écoulent chaque jour leurs marchandises sur l’avenue Mahenge, malgré un environnement particulièrement insalubre. Selon le constat d’Authentic360.cd fait ce mardi 14 juillet, un marché pirate s’est installé le long d’eaux stagnantes issues de caniveaux bouchés, exposant vendeurs et consommateurs à d’importants risques sanitaires.

Sur place, les légumes, poissons fumés, fruits et autres produits alimentaires sont étalés à même le sol, à quelques mètres d’une eau noirâtre dégageant une forte odeur. Malgré ces conditions, les activités commerciales se poursuivent normalement.
Pour Maman Sandra, vendeuse rencontrée sur les lieux, ce choix n’est pas volontaire mais imposé par l’absence d’un marché public dans le quartier.
« Nous n’avons nulle part où aller. Nous manquons un endroit approprié pour vendre, raison pour laquelle nous vendons sur cette avenue. Nous plaidons auprès des autorités pour qu’elles nous construisent un marché », explique-t-elle.
Au-delà de la précarité des commerçants, les professionnels de santé alertent sur les dangers que représente un tel environnement.
Le Dr Felly Ilenda, médecin à l’Hôpital général de référence de Kinkenda, estime que les aliments vendus à proximité de ces eaux stagnantes peuvent constituer une menace pour la santé publique.
« Se mettre tout près des eaux stagnantes comporte des risques énormes pour la santé humaine, car c’est un milieu de culture où plusieurs microbes se développent. Ces microbes peuvent entraîner des épidémies telles que le choléra. Cette eau stagnante est aussi un milieu où se développent facilement les moustiques qui peuvent causer le paludisme », prévient-il.
Selon le constat d’Authentic360.cd, l’avenue Mahenge est dans un état de dégradation avancé. Les caniveaux bouchés empêchent l’évacuation des eaux, qui stagnent depuis plusieurs jours et aggravent les conditions d’hygiène dans cette partie de Camp-Luka.
Face à cette situation, les habitants et les commerçants lancent un appel aux autorités locales. Ils réclament l’aménagement d’un marché public et l’assainissement de l’avenue afin de mettre fin à cette cohabitation entre activités commerciales et eaux usées, jugée dangereuse pour la santé de la population.
Christian Matondo, stagiaire UNISIC








