RDC : pour Ados Ndombasi, Tshisekedi suit les mauvais pas de Mobutu

Après la répression de son sit-in du 12 juin dernier à Kinshasa, la Coalition C64, regroupant plusieurs partis politiques d’opposition en RDC, projette une marche de protestation ce 8 juillet. Entre juin et juillet, les revendications des opposants ont sensiblement évolué, passant du rejet de tout changement de Constitution à l’exigence de démission du président Tshisekedi. Selon Ados Ndombasi, un des leaders de C64, cette nouvelle posture s’explique par l’obstination du Chef de l’État congolais à se « rebeller contre la Constitution ».
Au micro d’Authentic36.cd, le leader d’Alternative 2028 a mobilisé pour cette « cause », malgré les séquelles encore visibles des brimades dont il a été victime le 12 juin à Kinshasa.
« Tshisekedi a décidé de devenir le deuxième Mobutu (…) Vous avez trois situations pour organiser le référendum en République démocratique du Congo en respectant les textes », rappelle-t-il.
Dans son argumentaire, Ndombasi affirme que la convocation de tout référendum doit s’appuyer sur les dispositions des articles 2, 214 ou 218 de la Constitution. « Si vous sortez hors de ces trois contextes, vous êtes en rébellion avec la Constitution », fait-il savoir.
Au sein de l’opposition, l’adoption au Parlement de la loi référendaire, qui confère au président le pouvoir de convoquer le référendum pour « toute autre matière », viole « l’esprit et la lettre » de la Loi fondamentale. « Tshisekedi s’est rebellé contre la Constitution, socle de son pouvoir », déplore ainsi Ados Ndombasi.
De plus, l’ancien élu ne comprend pas l’opportunité d’organiser un référendum alors qu’une partie du pays échappe à l’autorité de l’État. « Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu sont à ce jour sous administration rwandaise. Nous pensons qu’à l’Est, M. Nangaa a une mission de balkaniser la République démocratique du Congo et qu’à l’Ouest, M. Tshisekedi joue le jeu de M. Kagame », dénonce-t-il.
Fracturé à la jambe, l’ancien député national s’est vu imposer une attelle pour deux mois. Malgré cette situation qu’il impute au pouvoir, il entend descendre dans les rues de Kinshasa, comme ses pairs. « Même sur une chaise roulante, même en béquilles, Ados Ndombasi, président d’Alternative 2028, si je suis à Kinshasa, je serai présent à cette activité », conclut-il.
Si l’opposition et la CENCO se montrent opposées au projet de changement de la Constitution, craignant un maintien au pouvoir du régime en place, à l’inverse, l’Union sacrée et les Églises de réveil au Congo sont favorables à cette réforme, tout en prônant l’idée d’avoir une Constitution propre aux Congolais, c’est-à-dire sans influence étrangère et adaptée aux réalités actuelles.
Jevic Ebondo










