RDC : les forces de sécurité sensibilisées à la protection des biens culturels en période de conflit

Un atelier de vulgarisation du Deuxième Protocole de 1999 relatif à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé s’est tenu mercredi au Commissariat général de la Police nationale congolaise, dans la commune de Lingwala, à Kinshasa.
L’activité a réuni des officiers supérieurs de la Police nationale congolaise (PNC) et des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), des instructeurs de la police ainsi que des professionnels du patrimoine culturel. Elle était organisée par le Comité consultatif national pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé en RDC (CCN), en collaboration avec le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine, la PNC, l’UNESCO et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Pour les organisateurs, cet atelier s’inscrit dans une dynamique nationale visant à mieux intégrer la protection du patrimoine dans les pratiques des institutions de sécurité.

« La tenue de cet atelier s’inscrit dans une dynamique nationale de renforcement de la protection du patrimoine culturel. Elle traduit notamment la volonté du CCN de consolider la coopération institutionnelle engagée avec la Police nationale congolaise depuis la signature de notre partenariat le 21 décembre 2021 », a déclaré le Pr Joël Ipara Motema, coordonnateur national du CCN.
Les participants ont été informés sur les dispositions du Deuxième Protocole de 1999, un instrument qui complète la Convention de La Haye de 1954. Ce texte prévoit notamment un régime de « protection renforcée » pour des biens culturels considérés comme étant de la plus haute importance pour l’humanité.
Les échanges ont porté sur les mécanismes de sauvegarde des biens culturels pendant les conflits armés, ainsi que sur les précautions que les forces de défense et de sécurité doivent prendre dans leurs opérations.
Le Protocole demande notamment aux parties à un conflit de vérifier, dans la mesure du possible, que les objectifs visés ne constituent pas des biens culturels protégés. Il leur impose également de choisir des moyens et méthodes d’attaque permettant d’éviter ou, à défaut, de réduire au minimum les dommages pouvant être causés à ces biens.
Les mesures de sauvegarde ne concernent pas uniquement les périodes de guerre. Elles comprennent aussi la préparation d’inventaires, la planification de réponses d’urgence contre les risques d’incendie ou d’effondrement, la protection sur site et la désignation d’autorités compétentes chargées de la conservation des biens culturels.
Selon le CCN, le Deuxième Protocole introduit des avancées importantes, dont la responsabilité pénale individuelle en cas de violations graves contre des biens culturels. Il prévoit également des mécanismes destinés à renforcer l’application des règles de protection par les forces engagées dans des opérations militaires ou sécuritaires.
La vulgarisation de ces normes auprès des instructeurs et responsables de la PNC est ainsi présentée comme une étape essentielle. L’objectif est que la protection du patrimoine culturel soit davantage prise en compte dans la formation, la planification des interventions et les pratiques opérationnelles sur le terrain.
« La protection du patrimoine culturel n’est pas la responsabilité d’une seule institution. Elle exige une action concertée entre les services de sécurité, les institutions culturelles, les administrations publiques, les partenaires techniques et l’ensemble des acteurs concernés », a souligné le Pr Joël Ipara.
Cette session de vulgarisation devrait être suivie d’autres actions de formation et de sensibilisation destinées aux services de sécurité et aux acteurs du patrimoine. Elle intervient dans un contexte où la RDC cherche à renforcer l’application des instruments internationaux de protection des biens culturels, alors que plusieurs zones du pays restent affectées par l’insécurité et les conflits armés.
Le Deuxième Protocole de 1999, entré en vigueur le 9 mars 2004, complète la Convention de La Haye de 1954 en instituant notamment un système de protection renforcée pour les biens culturels d’une importance majeure pour l’humanité.
Jevic Ebondo











