Kinshasa : à Camp Luka, l’eau gagne l’avenue du Cimetière à l’approche des pluies (FOCUS360/01)

À Kinshasa, dans la commune de Ngaliema, le quartier Camp Luka fait face à une situation devenue difficile sur l’avenue du Cimetière, près du pont Maluku. Une importante partie de la chaussée est occupée par des eaux stagnantes, alors que les prochaines pluies annoncées dans la capitale font déjà craindre une aggravation de la situation.
Sur place, des sachets et des bouteilles en plastique flottent à la surface. L’eau s’écoule difficilement et les caniveaux sont obstrués. Au bord de la chaussée, des passagers observent le niveau de l’eau avant de décider comment traverser.
Pour ceux qui doivent rejoindre l’autre côté, une solution s’est installée : des jeunes garçons proposent de transporter les passagers sur leur dos, moyennant 500 francs congolais. Ils sont âgés d’une douzaine d’années pour les plus jeunes et de plus de 20 ans pour certains. Hommes, femmes, jeunes ou personnes âgées, tous paient le même montant pour franchir la zone inondée.

Ceux qui ne souhaitent pas être portés peuvent emprunter une étroite passerelle en bois aménagée sur le côté de la route. Là encore, le passage coûte 500 francs.
La scène se répète au fil de la journée. Certains jeunes peinent d’ailleurs à transporter les personnes les plus corpulentes. Quelques mètres plus loin, les motos et tricycles qui arrivent du côté de Tingi-Tingi s’arrêtent face à l’étendue d’eau.

Les voitures, elles, empruntent de moins en moins cet axe. La circulation est notamment perturbée depuis la fermeture d’une partie de la route liée aux travaux de réhabilitation du pont Maluku.
Selon les informations recueillies sur place, les eaux proviendraient notamment des environs de l’avenue Tingi-Tingi et de plusieurs points d’accumulation situés près du pont Maluku. Leur évacuation étant difficile, elles ont progressivement gagné la chaussée.
« Cette eau avance petit à petit depuis un moment, elle provient des avenues Tingi-Tingi et autres. Il a fallu que cela traverse l’avenue Bambaka pour atteindre la rivière Maluku. Par prudence, pour éviter les inondations, l’axe a été fermé, raison pour laquelle l’eau n’avance pas », explique Édouard Nganga.
Pour Jeancy Mpasi, l’urgence est de permettre à l’eau de s’évacuer avant que les pluies ne viennent compliquer davantage la situation.
« Pour moi, cette eau n’ira nulle part. Cette partie est en mauvais état. Si l’on crée un passage pour le ramener jusqu’à la rivière, nous risquons d’être inondés. C’est pourquoi nous demandons à l’Hôtel de ville d’envoyer un camion pour curer ces eaux et, après, de jeter les pierres pour faire remonter ce trou », estime-t-il.
Une partie de l’avenue du Cimetière a déjà été bétonnée, notamment jusqu’au niveau de l’arrêt Sakombi. Mais à l’approche du pont Maluku, la situation reste différente. La chaussée est dégradée et certains travaux demeurent inachevés.
Avant d’atteindre le pont, la route est également bordée de déchets, principalement des sachets et des bouteilles en plastique. À proximité, des habitants ont installé un petit marché, malgré la présence de l’eau et les difficultés de circulation.
À l’approche de la période des fortes pluies annoncée à Kinshasa, cette situation préoccupe davantage les habitants. Une chaussée déjà partiellement envahie par les eaux, des caniveaux obstrués et une circulation difficile pourraient rendre le passage encore plus compliqué si les précipitations s’intensifient.

Les riverains redoutent également que l’eau progresse vers les parcelles et les habitations voisines. Pour eux, l’enjeu est désormais de trouver une solution avant que les pluies ne viennent s’ajouter à une situation déjà difficile.
En attendant, traverser cette partie de l’avenue du Cimetière reste une affaire de choix : payer 500 francs pour être porté, emprunter une passerelle de fortune ou rebrousser chemin.
Milca Nlandu











