Cimetière de Kintambo : des familles peinent à retrouver les tombes de leurs proches

À l’occasion de la journée consacrée à la mémoire des parents et proches décédés, plusieurs familles se sont rendues, samedi 1er août, au cimetière de Kintambo, à Kinshasa. Certaines ont toutefois quitté les lieux sans avoir retrouvé la tombe de leurs proches, dans un site marqué par la dégradation des sépultures et qui continue pourtant d’accueillir de nouveaux enterrements malgré sa fermeture officielle il y a plus de vingt ans.
Dès l’entrée du cimetière, le constat est frappant. Tombes fissurées ou écroulées, croix disparues, herbes envahissantes et déchets rendent parfois les sépultures difficilement identifiables. Les allées elles-mêmes se confondent avec les concessions, compliquant les déplacements des visiteurs.

Munies de fleurs, de peinture et de matériel de nettoyage, plusieurs familles sont venues rendre hommage à leurs défunts. Mais pour certains, le recueillement s’est rapidement transformé en longue recherche.
« Nous sommes venus rendre visite à notre maman, mais sa tombe n’est plus visible. On nous a demandé de revenir la semaine prochaine pour la chercher tranquillement », témoigne Silvain Matondo.
Comme lui, de nombreux visiteurs ont parcouru le cimetière pendant plusieurs heures, tentant de reconnaître une croix disparue, une pierre tombale déplacée ou une sépulture recouverte par la végétation.
Pour Nkosi, l’un des fossoyeurs, le manque de personnel explique en partie cette situation.
« Ce grand cimetière ne compte que six fossoyeurs reconnus et rémunérés par l’Hôtel de Ville. Les autres sont des débrouillards qui nous aident à entretenir le site. Sans eux, nous n’arriverions pas à assurer la propreté du cimetière. »
Malgré son état de saturation, le cimetière continue d’accueillir des dépouilles, confirme Cetoya Makonda, préposé adjoint.
« Jusqu’à présent, nous continuons à enterrer les corps. Il y a aussi des concessions où les familles viennent elles-mêmes inhumer leurs morts. »
Des archives pour localiser les sépultures
Le préposé adjoint assure qu’aucune tombe n’est officiellement perdue. Selon lui, les registres du cimetière permettent de retrouver les emplacements, même si la recherche peut prendre du temps lorsque les familles ne se sont plus rendues sur place depuis plusieurs années.
« Nous avons des archives pour localiser chaque tombe. Certaines familles reviennent après plusieurs années d’absence. Nous leur demandons alors de revenir lorsque le cimetière est moins fréquenté afin de faciliter les recherches », explique-t-il.
Construit en 1954, le cimetière de Kintambo continue d’accueillir des inhumations alors que sa fermeture officielle remonte à la fin des années 1990. Sur place, les tarifs annoncés sont de 30 dollars américains pour une tombe ordinaire et de 50 dollars pour une tombe en carreaux.
Milca Nlandu










