Kinshasa : lenteur des travaux sur la route CECOMAF à N’djili, les usagers confrontés aux déviations et à la hausse des tarifs

La réhabilitation de la route CECOMAF, reliant l’entrée du quartier 1, dans la commune de N’djili à Kinshasa, avance difficilement. Cinq mois et demi après le lancement du chantier, en juin dernier, les travaux progressent lentement, au grand désagrément des usagers confrontés aux embouteillages, aux déviations et à la hausse des tarifs de transport.
Sur cet axe, les conséquences du chantier se font sentir au quotidien. Les véhicules de transport en commun, notamment les Sprinter, ne peuvent plus emprunter normalement leur itinéraire habituel. Ils sont contraints de contourner le chantier en passant par la deuxième entrée de la route Kimbuta pour rejoindre leurs destinations.

Cette situation profite aux conducteurs de motos à deux et trois pneus, qui assurent une partie importante du transport des habitants. Mais pour les passagers, le déplacement coûte désormais plus cher. Les courses vers Saint-Thérèse, Wenze ya 6 et CECOMAF, autrefois facturées à 500 francs congolais, atteignent aujourd’hui 1 000 FC. Pour rejoindre N’djili Brasserie, le tarif est passé de 1 000 à 1 500 FC, voire 2 000 FC selon les conducteurs. Les trajets à 500 FC deviennent ainsi de plus en plus rares sur cet axe.
Des motards fragilisés par l’état de la route
Au-delà du coût du transport, les motocyclistes dénoncent également les dépenses liées à la dégradation de leurs engins, notamment les crevaisons et les pannes mécaniques provoquées par le mauvais état de certains passages.
« La lenteur de ces travaux abîme considérablement l’état de nos motos. Le projet devrait avoir une durée bien déterminée. Les clients deviennent rares et je dépense au moins 50 000 FC par mois à cause des crevaisons et des amortisseurs avant et arrière qui tombent en panne », témoigne Jean Mbo, motard sur cet axe.
Seuls 850 mètres bétonnés
Ce chantier est exécuté par MCC Realty (Modern Construction Congo). Il porte sur la réhabilitation d’un tronçon d’environ 3 kilomètres reliant l’entrée Q1 à CECOMAF. Mais après cinq mois et demi, seuls 850 mètres de chaussée ont été bétonnés, selon les explications de l’ingénieur chargé du chantier.
« Jusque-là, nous avons effectué 40% des travaux. Nous n’avons pas encore atteint un kilomètre sur les trois kilomètres prévus. Nous avons réalisé plus de 3 200 mètres de curage des caniveaux et coulé le béton sur 850 mètres », explique l’ingénieur Donnel Dima.
L’absence de déviations freine les travaux

Pour justifier cette lenteur, l’ingénieur évoque notamment l’absence de routes secondaires pouvant servir de voies de déviation. Une contrainte qui complique la circulation et empêche l’entreprise de travailler dans des conditions favorables à une progression rapide du chantier.
« Nous n’avons pas de routes secondaires ni suffisamment d’espace pour aménager des voies de déviation. Cela pouvait pourtant permettre d’avancer rapidement, compte tenu des embouteillages et de la circulation des motos sur cet axe », précise-t-il.
Des difficultés de financement évoquées
À cette contrainte s’ajoutent des difficultés liées au financement du projet. Selon l’ingénieur Donnel Dima, l’entreprise poursuit les travaux sur ses propres ressources, dans l’attente d’un financement public annoncé après l’atteinte de 50% d’exécution.

« L’entreprise ralentit les travaux parce que nous n’avons pas encore de contrat de travail avec l’OVD. Normalement, nous devions bénéficier d’un financement, mais on nous a demandé de commencer les travaux et le gouvernement devrait débloquer les fonds dès que nous atteindrons 50%. Pour l’instant, nous travaillons sur fonds propres », affirme-t-il.
Ce chantier avait déjà fait l’objet d’un précédent reportage d’Authentic360.cd en juillet dernier, à la suite d’une interruption des travaux provoquée par une panne de la bétonnière. Malgré leur reprise, la progression reste lente, alors que le délai contractuel annoncé pour leur réalisation est de 14 mois, soit jusqu’en 2027.
Gracia Nlemvo











