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Kinshasa : la SNEL envisage un bateau-centrale de 134 MW face aux coupures

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Face aux coupures d’électricité qui se multiplient à Kinshasa, la Société nationale d’électricité (SNEL) envisage une solution d’urgence : l’installation d’un bateau-centrale de 134 mégawatts (MW) afin de renforcer l’approvisionnement de la capitale.

L’annonce a été faite ce jeudi 1er octobre par le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, lors du briefing de presse du gouvernement. Selon lui, la baisse drastique du niveau d’eau affecte la production de certaines installations hydroélectriques. Des machines seraient actuellement à l’arrêt, réduisant la quantité d’électricité disponible pour Kinshasa.

Dans ce contexte, la SNEL explore l’option d’un bateau-centrale de 134 MW. Il s’agit d’un navire équipé pour produire de l’électricité, qui peut être amarré et raccordé au réseau afin d’alimenter directement les quartiers desservis par la SNEL.
Teddy Lwamba estime que cette solution pourrait apporter environ 20% d’amélioration dans la desserte électrique de Kinshasa. L’entreprise la présente comme une réponse mobile et rapide à déployer, en attendant des solutions plus durables pour la production et la distribution du courant.

Le directeur général a également insisté sur les difficultés financières auxquelles l’entreprise est confrontée. D’après lui, l’État représente environ 25% de la consommation d’électricité de la SNEL. Pourtant, plusieurs institutions et services publics ne paieraient pas régulièrement leurs factures, ce qui fragilise fortement la trésorerie de la société.

« Les instances officielles ne paient pas », a notamment déclaré Teddy Lwamba.

La SNEL fait aussi face aux retards de paiement de certains abonnés. Une situation que la direction associe notamment aux années de délestages et à l’insatisfaction de nombreux clients face à la qualité de la desserte.

Autre défi soulevé : les raccordements frauduleux.
Ces branchements illégaux permettent une consommation gratuite d’électricité, mais créent aussi une surcharge sur les cabines électriques. Selon la SNEL, cette surcharge peut provoquer des pannes, endommager les installations et causer des incendies.

L’entreprise affirme poursuivre la lutte contre la fraude, tout en investissant dans la modernisation des cabines et le renforcement de son réseau. Pour Teddy Lwamba, la SNEL ne pourra toutefois pas résoudre durablement la crise de l’électricité sans soutien structurel de l’État.

Bien que devenue une société commerciale en 2011, la SNEL continue d’assumer de lourdes obligations de service public. Son directeur général plaide ainsi pour une subvention du secteur de l’électricité, sur le modèle de l’appui accordé au carburant.

L’objectif, selon lui, est de permettre à la SNEL de couvrir ses coûts, d’améliorer ses infrastructures et de fonctionner comme une entreprise viable, plutôt que de continuer à fournir du courant à perte.

Yvette Ditshima 

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