RDC : la rentrée scolaire maintenue le 1er septembre, avec un dispositif adapté à Ebola

La rentrée scolaire aura bien lieu le 1er septembre 2026 en République démocratique du Congo, mais elle ne se déroulera pas de la même manière dans les zones touchées par l’épidémie d’Ebola. Le gouvernement prévoit une rentrée « différenciée », avec des cours en présentiel dans les zones où le risque reste limité et un enseignement à distance dans les secteurs classés à haut risque.
La ministre d’État à l’Éducation nationale, Raïssa Malu, l’a annoncé mardi lors d’un briefing à Kinshasa. Cette organisation a été définie avec le ministère de la Santé afin de maintenir les apprentissages tout en limitant les risques de transmission du virus.
« La rentrée a bien lieu le 1er septembre, mais de manière différente », a déclaré Raïssa Malu.
Sur les 138 sous-divisions éducationnelles des provinces touchées par l’épidémie, 40 sont affectées, dont 18 classées à haut risque. Ces dernières représentent environ 13 % de l’ensemble des sous-divisions concernées.
Trois niveaux selon le risque
Le dispositif repose sur trois catégories. Dans les zones vertes, qui ne sont pas touchées par Ebola, les cours se poursuivront normalement, avec le maintien des mesures de vigilance.
Dans les zones orange, déjà affectées par l’épidémie, les élèves continueront à fréquenter les établissements. Le gouvernement prévoit toutefois un renforcement de la prévention, notamment à travers la sensibilisation, l’hygiène et la disponibilité de kits sanitaires.
Dans les zones rouges, considérées comme à haut risque, l’enseignement en présentiel sera remplacé par un dispositif à distance.
Pas besoin d’Internet
Ce mode d’enseignement ne reposera toutefois pas sur des cours en ligne.
« Quand je parle d’enseignement à distance, il ne faut surtout pas entendre enseignement en ligne ou Internet », a précisé la ministre.
Des fiches pédagogiques portant sur les savoirs essentiels seront préparées et distribuées aux élèves. Des émissions éducatives diffusées par les radios locales et communautaires viendront compléter ces supports.
Les parents pourront récupérer les documents auprès des écoles, notamment tous les quinze jours, selon l’organisation mise en place par les établissements.
L’objectif est de permettre aux enfants de poursuivre leur apprentissage depuis leur domicile sans imposer aux familles l’achat d’équipements numériques ou une connexion internet.
« L’objectif, c’est de maintenir l’enfant en activité à la maison, de ne pas le déconnecter de l’école et d’aller vers des savoirs essentiels », a expliqué Raïssa Malu.
Un dispositif prévu pour quatre semaines
Cette formule sera dans un premier temps expérimentée pendant quatre semaines. Une évaluation sera ensuite réalisée avec le ministère de la Santé, en fonction de l’évolution de l’épidémie et de la situation dans les différentes zones.
Les écoles des zones à haut risque ne seront par ailleurs pas complètement fermées. Elles resteront des points de service éducatif, avec la présence des enseignants et des encadreurs. Les mesures sanitaires, notamment le lavage des mains et la disponibilité des kits, seront renforcées.
Pour le gouvernement, l’objectif est d’éviter une aggravation de la situation sanitaire dans le milieu scolaire.
« Notre objectif est d’éviter qu’une zone orange devienne une zone rouge et qu’une zone verte devienne une zone orange », a souligné la ministre.
Les examens restent maintenus
Les élèves concernés par l’enseignement à distance pourront poursuivre leur parcours scolaire et participer aux épreuves certificatives, y compris l’examen d’État, a assuré Raïssa Malu.
Cette rentrée différenciée intervient alors que la RDC fait face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée le 15 mai 2026 et liée au variant Bundibugyo. La réponse sanitaire s’étend à plusieurs provinces et oblige désormais les autorités à adapter le fonctionnement des écoles au niveau de risque observé dans chaque zone.
Pour le gouvernement, le défi est donc double : maintenir les enfants dans le système scolaire tout en évitant que l’école ne devienne un lieu de propagation du virus.










