Procès Rebo Tchulo : le parquet requiert 14 mois de prison, la partie civile réclame 250.000 USD

Le procès de la chanteuse congolaise Rebo Tchulo a franchi une nouvelle étape jeudi devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema. À l’issue de son réquisitoire, le ministère public a demandé la condamnation de l’artiste à 14 mois de servitude pénale, tandis que la partie civile Kasaï Sadisa a réclamé 250.000 dollars américains de dommages et intérêts pour la seule infraction d’incitation des militaires.
Face au tribunal, le major magistrat Prudence Mbambi a estimé que les charges retenues contre la prévenue justifiaient une peine de 14 mois de servitude pénale, assortie du paiement des frais d’instance et d’une contrainte par corps en cas de non-paiement.
Le parquet militaire a, dans le même dossier, requis quarante mois de servitude pénale contre le sous-lieutenant Zababu Musafiri, chef de la patrouille de la Task Force qui s’était rendue au domicile de la chanteuse dans la nuit du 17 au 18 avril 2026.
À son tour, la partie civile, représentée par les avocats de Kasaï Sadisa, a demandé au tribunal de retenir l’infraction d’incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC. Elle sollicite la condamnation de Rebo Tchulo au paiement de 250.000 dollars américains, estimant que les faits reprochés ont causé un important préjudice à son client.
La défense a adopté une lecture totalement opposée du dossier. Les conseils de la chanteuse ont soutenu qu’aucune preuve ne permettait d’établir l’infraction d’incitation des militaires et ont plaidé son acquittement, estimant qu’une civile ne pouvait être poursuivie pour une telle infraction dans les circonstances de l’espèce.
Après plusieurs heures de débats, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au lundi 10 août pour la poursuite des plaidoiries et le dépôt des conclusions.
Rebo Tchulo est poursuivie pour incitation présumée des militaires à poser des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC. Treize militaires, dont quatre en fuite, comparaissent également dans cette affaire pour des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires au préjudice de Kasaï Sadisa.










