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Affaire Béni Mukena : Sam Bokolombe appelle à ne pas confondre transfert et extradition

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L’échec du transfert de Béni Mwepu Mukena vers Kinshasa continue d’alimenter les débats. Alors que l’opinion publique évoque une « extradition avortée », le professeur Sam Bokolombe, spécialiste du droit, estime que cette qualification est juridiquement inexacte.

Dans une publication sur ses réseaux sociaux, cet ancien député explique que parler d’extradition dans ce dossier relève d’un « abus de langage ».

« Tout transfert d’un suspect d’un pays à un autre n’est pas forcément de l’extradition. Celle-ci est une procédure diplomatique, technique, coûteuse et chronophage. Elle dure au moins trois mois », écrit-il.

Selon lui, les autorités de la République démocratique du Congo et de la République du Congo auraient plutôt eu recours à un autre mécanisme de coopération judiciaire, facilité par les accords liant les deux États.

Le professeur rappelle qu’une Convention générale de coopération en matière de justice, signée le 12 avril 1978, prévoit plusieurs formes de collaboration entre les deux pays, au-delà de la seule procédure d’extradition.

« Je crois que les deux Congo ont recouru à une autre modalité de collaboration, notamment policière », soutient-il.

Cette mise au point intervient au lendemain du report du transfert de Béni Mwepu Mukena, principal suspect dans le meurtre de l’entrepreneur Vally Amisi. Attendu mardi à Kinshasa après son interpellation à Brazzaville, le suspect n’a finalement pas été remis aux autorités congolaises, sans qu’aucune explication officielle ne soit communiquée.

Face aux nombreuses spéculations suscitées par ce revirement, Sam Bokolombe invite l’opinion à faire preuve de retenue et à laisser la justice suivre son cours.

« Il est vrai que cette affaire suscite ire et passion. L’opinion lui souhaite une issue rapide. Mais la justice, elle, est froide, sereine, pondérée et attentiste, sauf cas de flagrance », souligne-t-il.

S’adressant à ceux qui commentent quotidiennement l’affaire sur les réseaux sociaux, le professeur estime que la priorité doit rester la manifestation de la vérité plutôt que la pression de l’opinion.

« Aux enquêteurs virtuels de prendre leur mal en patience. Il s’agit de résoudre un crime, un drame, par la vérité, pas de produire un spectacle pour plaire. Un procès pénal dans l’effervescence crée plus de problèmes qu’il n’en résout », conclut-il.

Rédaction

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