RDC : Christian Bosembe appelle les journalistes à allier liberté, éthique et responsabilité

Depuis quelques mois, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) s’illustre par des sanctions ciblées contre des médias pour diffusion de fausses informations. Pour le régulateur, ces mesures visent à lutter contre la « propagande favorable aux groupes armés et les contenus susceptibles de démobiliser les forces armées de la République démocratique du Congo ». Invité mercredi 29 juillet à la sortie officielle de Voix de la presse, une organisation réunissant des professionnels des médias congolais, Christian Bosembe, président du CSAC, a rappelé le rôle de l’institution qu’il dirige.
En tant que régulateur, le CSAC doit notamment veiller à la « salubrité » des médias mais aussi à l’encadrement des interventions sur les plateaux de télévision des personnes, alors que plusieurs d’entre eux s’expriment au nom d’organisations ou de partis politiques sans mandat. En même temps, a-t-il regretté, les émissions télévisées semblent se transformer en espaces d’invectives.
« Ces décisions ne visent pas à museler. Elles visent à assainir. Car une presse sans discipline devient un danger pour la démocratie », a-t-il soutenu.
Cependant, Christian Bosembe a refusé tout costume de censeur. En même temps, il a balayé les accusations d’un CSAC inféodé à un camp politique. « Je ne suis ni le protecteur des journalistes, ni le défenseur des opinions des politiques. Je suis le gardien de l’État de droit informationnel », a-t-il déclaré.
Éloges à l’endroit de Voix de la presse
Abordant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, Bosembe a appelé les journalistes à documenter les violences, à établir les responsabilités et à préserver la mémoire des victimes. Selon lui, les professionnels des médias ont un rôle essentiel dans la construction de la mémoire nationale et doivent exercer leur métier avec courage, sans sacrifier la vérité à la rapidité de l’information.
Dans cette perspective de responsabilité journalistique, Bosembe a salué la démarche des initiateurs de Voix de la presse, une structure qu’il considère comme « un signal » de la nouvelle génération de journalistes à contribuer au renouveau de la presse congolaise. Dans cet élan, la sortie officielle de VP résonne comme un engagement à « refuser la manipulation et l’instrumentalisation ».
Toutefois, dans l’entendement du président du CSAC, ce signal devrait dépasser le stade des beaux discours et s’appuyer sur « la rigueur, l’éthique et le courage » alors que la liberté de la presse constitue une responsabilité qui exige la vérification des faits, l’indépendance et le respect des règles déontologiques
Authentic360











