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« Manassé Lomboto est mort de maladie », affirme Tshisekedi : Kabund dénonce une « entreprise de désinformation »

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L’opposant Jean-Marc Kabund a réagi aux déclarations du président Félix Tshisekedi, tenues devant la diaspora congolaise à Moscou, le 30 octobre dernier, au sujet de la mort de Manassé Lomboto, partisan de Prince Epenge, survenue après la marche de la C64 du 15 septembre dernier.

Dans une déclaration publiée ce dimanche, il accuse le chef de l’État d’être victime de désinformation et met en garde contre toute ingérence politique dans le dossier judiciaire de Prince Epenge.
https://x.com/kabund_jmkkrock/status/2116828498807394413?s=46

Devant les Congolais de Russie, Félix Tshisekedi a affirmé que Manassé Lomboto était mort de maladie et a rejeté l’idée qu’un manifestant aurait été tué lors de la marche de l’opposition. Selon la vidéo diffusée par la présidence de la République, il a déclaré « Manassé Lomboto est mort de maladie », ajoutant qu’« aucun manifestant n’est mort en manifestation » depuis son arrivée au pouvoir.

Le chef de l’État a également évoqué l’interpellation de la personne qu’il accuse d’avoir forgé ce récit.

« Ils ont menti en notre nom. Alors, la personne qui a conçu ce mensonge, nous l’avons interpellée en voulant aller en Europe. Nous lui avons dit Pourquoi veux-tu aller en Europe ? Viens expliquer tes mensonges », a-t-il relaté.

Transféré samedi à la prison centrale de Makala, Prince Epenge, président de l’ADDCongo et membre de la C64, est poursuivi dans ce dossier pour « propagation de faux bruits » après avoir qualifié d’assassinat la mort de Manassé Lomboto, son chargé de sécurité. Il avait été interpellé avant de pouvoir embarquer avec la délégation de la coalition à l’aéroport de N’djili, puis placé sous mandat d’arrêt provisoire.

Dans sa réaction, Jean-Marc Kabund exprime sa « profonde déception » face aux propos du président de la République. Il estime que Félix Tshisekedi aurait pu être victime d’une « grave entreprise de désinformation » orchestrée par certains de ses collaborateurs, qui chercheraient à lui faire croire qu’aucune personne n’a perdu la vie lors de la marche concernée.

L’opposant considère que, en s’exprimant publiquement sur une affaire désormais entre les mains des juges, le chef de l’État risque de transformer ses déclarations en une « injonction politique » adressée aux magistrats. Il rappelle que, dans un État se réclamant de la démocratie et de l’État de droit, le président devrait être le premier garant de l’indépendance de la justice et que la réserve aurait été de mise à ce stade de la procédure.

Jean-Marc Kabund affirme avoir été personnellement témoin de la présence de Manassé Lomboto à la marche de la C64. Selon lui, il l’a aperçu quelques minutes seulement avant l’attaque à la machette dont il dit avoir été victime devant le siège de l’UDPS.

Il se déclare prêt à témoigner devant les instances judiciaires compétentes. « La vérité ne devrait faire peur à personne, et encore moins à ceux qui prétendent gouverner au nom de l’État de droit », écrit-il dans sa déclaration.

La mort de Manassé Lomboto, survenue après la marche de la C64 du 15 septembre, est au centre d’une vive polémique. La C64 a réclamé une enquête indépendante et la libération de Prince Epenge, tandis que les autorités soutiennent une tout autre lecture des faits. Pour Kabund, l’issue du procès de Prince Epenge doit reposer exclusivement sur les faits et le droit, et non sur les convictions ou les déclarations du pouvoir politique.

Yvette Ditshima

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