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Kinshasa : l’avenue Elengesa, trois ans après sa construction, déjà à bout de souffle

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Trois ans après sa mise en service, l’avenue Pierre-Elengesa, dans la commune de Makala, à Kinshasa, ne ressemble plus à la route dont les habitants avaient espéré tant. Au croisement avec l’avenue Luanza, les nids-de-poule, les flaques d’eau et les eaux stagnantes ont pris le dessus. Les caniveaux, eux, restent pleins d’immondices faute d’un entretien régulier.

Vue du caniveau bouché sur l’avenue Pierre-Elengesa

À l’entrée de l’avenue Kikwit, un gros trou s’est formé sur la chaussée. Les motocyclistes, les automobilistes et les piétons doivent redoubler de prudence pour l’éviter.

Sur place, Authentic360.cd a recueilli la parole de ceux qui vivent cette réalité au quotidien. Chauffeurs, passagers et commerçants décrivent une circulation de plus en plus difficile, surtout lorsqu’il pleut. L’eau envahit une grande partie de la chaussée.

Les taxis et les motos avancent lentement, alors que certains usagers attendent parfois longtemps avant de pouvoir traverser. Cette situation crée les embouteillages presque chaque jour. Elle ralentit les déplacements et perturbent aussi le commerce dans ce quartier.

Cette avenue d’environ six kilomètres a été mise en service en 2023. Elle relie la commune de Kasa-Vubu à la route de By-pass, dans la commune de Mont-Ngafula. Mais aujourd’hui, le tronçon situé entre le pont Ngunza et l’arrêt Kimpaka se dégrade de plus en plus.

Plusieurs usagers affirment que cette situation dure depuis environ un an. Ils évoquent le manque d’entretien des caniveaux, que certains riverains utilisent comme dépotoirs. D’autres mettent en cause la qualité des travaux de construction.

Beaucoup estiment que l’avenue aurait dû être bétonnée plutôt que goudronnée. Selon eux, le trafic intense et le passage régulier de véhicules lourds exigent une chaussée plus résistante.

« Tant que la route restera goudronnée… »

Manga Plamedie, agent de l’Association des Chargeurs du Congo (ACHACO), chargé de la perception des tickets auprès des motocyclistes, partage cette analyse.

« Pour moi, ce qui a causé l’état actuel de cette route, c’est premièrement la qualité des travaux effectués. Il aurait fallu qu’elle soit bétonnée, parce que les remorques qui viennent de Lemba pour se rendre au Kongo Central passent par ici. Plusieurs véhicules empruntent ce chemin. Toutes ces charges ont contribué à cette dégradation. Tant que la route restera goudronnée, la situation risque de persister », explique-t-il.

Cette dégradation a aussi un impact direct sur le portefeuille des usagers. Le trajet entre Luanza et l’arrêt Courant, qui coûtait autrefois 1 000 francs congolais, est désormais facturé à 1 500 francs congolais le matin.

« Avec l’état de dégradation de la route, les prix du transport ont augmenté, surtout le matin et le soir, parce que les chauffeurs se retrouvent parfois coincés dans l’eau. Le temps qu’ils mettent à attendre pour traverser perturbe aussi bien les conducteurs que la population », ajoute-t-il.

Des motos en panne, des ventes en baisse

Pour les chauffeurs de moto, chaque trajet devient une épreuve. Ephraïm Lukombo dit souffrir chaque jour de l’état de la chaussée.

« Nous souffrons chaque jour à cause de l’état de cette route. La situation rend notre travail difficile. Nous nous retrouvons coincés dans l’eau et nos motos tombent en panne. Il y a des embouteillages tous les jours ici. C’est vraiment pénible », déplore-t-il.

Les commerçants ne sont pas épargnés. Sedeke Williams, qui vend des crédits téléphoniques et des vêtements, constate une baisse sensible de ses ventes.

« Depuis que l’état de la route s’est aggravé, nous ne vendons plus comme avant. Même installer nos tables et exposer nos mannequins devient compliqué, parce que les motocyclistes et les piétons passent par ici, surtout lorsqu’il pleut. La plupart d’entre nous ne viennent même plus vendre. Les ventes ont baissé et tout est devenu difficile. Que l’État trouve d’abord une solution pour ce coin », témoigne-t-il.

Les habitants, les chauffeurs et les commerçants attendent désormais une intervention rapide des autorités. Ils demandent la réhabilitation de cette partie de l’avenue Pierre-Elengesa, en particulier au niveau de l’entrée de l’avenue Kikwit. Ils souhaitent aussi que les caniveaux soient curés régulièrement, avant que la situation ne devienne encore plus difficile.

Milca Nlandu

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