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Kinshasa : au rond-point Victoire, les vendeurs d’accessoires cellulaires confrontés aux tracasseries et à la précarité

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Chaque matin, au rond-point Victoire, ce coin mouvementé de Kinshasa situé dans la commune de Kalamu, ils installent leurs petites tables et étalent chargeurs, écouteurs, coques et autres accessoires de téléphone. Pour beaucoup de ces commerçants, cette activité est bien plus qu’un gagne-pain : c’est un moyen de tenir debout, de nourrir leur famille et d’échapper à la dépendance.

Mais derrière cette effervescence se cache une réalité difficile. Selon les informations recueillies ce jeudi par Authentic360.cd, depuis la démolition de leurs anciens espaces de vente, ces vendeurs travaillent dans l’instabilité. Exposés aux intempéries, aux tracasseries policières et à des revenus souvent insuffisants, ils peinent à couvrir les besoins quotidiens de leurs familles.

Des vendeurs d’accessoires téléphoniques exposent leurs marchandises le long de la voie publique.

Pour certains, exercer ce commerce représente avant tout un choix pour échapper à la dépendance. C’est le cas d’un vendeur installé à Victoire depuis quatre ans.

« Ce qui m’a poussé à faire ce commerce, c’est la peur de quémander ou de mendier. Je voulais être indépendant », confie-t-il.

Mais cette indépendance a un prix. Sans emplacement stable, il doit vendre à l’extérieur, parfois à même le sol, tout en vivant avec la crainte constante d’une intervention policière.

« Depuis qu’ils ont démoli nos maisons de vente, nous ne sommes plus stables. Nous vendons dehors, malgré le fait que les policiers continuent de nous chasser. Nous revenons toujours après leur départ parce que nous n’avons pas le choix. C’est ici que nos clients nous trouvent habituellement », raconte-t-il.

À quelques mètres de là, Nisha, la trentaine révolue, vend aussi des accessoires de téléphone depuis cinq ans. Pour elle, chaque journée est une incertitude.

« Il y a des jours où je gagne davantage et d’autres où je ne gagne presque rien », explique-t-elle.

Ses recettes servent essentiellement à faire vivre sa famille. Entre le transport scolaire de ses enfants, leur petit-déjeuner et la préparation des repas, elle estime ses dépenses quotidiennes à environ 30 000 francs congolais. Malgré cinq années d’activité, elle avoue n’avoir pas pu réaliser de grands projets.

« Mes revenus me permettent surtout de nourrir ma famille et de répondre aux besoins essentiels », confie-t-elle.

Les tracasseries qui grignotent les gains

Un autre vendeur, arrivé au rond-point Victoire il y a seulement deux mois, décrit une réalité encore plus difficile. Selon lui, les tracasseries et les frais à payer réduisent considérablement les bénéfices. Il souligne que même lorsque les ventes sont bonnes, les dépenses restent élevées mettre de l’argent de côté devient presque impossible.

Vue de la place des Artistes, au rond-point Victoire, dans la commune de Kalamu à Kinshasa.

Entre la peur de perdre leur marchandise, l’instabilité de leur emplacement et la pression du quotidien, ces commerçants continuent pourtant de revenir chaque jour au rond-point Victoire. Parce que, malgré tout, cette activité reste leur seul moyen de subsistance.

Ivonne Isangola

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