Kinshasa : au quartier Camping, l’érosion menace les habitations et les travaux de stabilisation débutent

Au quartier Camping, dans la commune de Selembao, à Kinshasa, l’érosion continue de grignoter les parcelles et de menacer les habitations. Des maisons effondrées, des terrains emportés et des passages devenus impraticables témoignent de l’ampleur des dégâts enregistrés depuis plusieurs années. Face à cette situation, les premiers travaux pour freiner sa progression ont débuté samedi dernier, avec la pose de bâches et de sacs de sable par les équipes du génie militaire.
Des ravins qui bouleversent le quotidien
Sur place, les ravins ont profondément modifié le quotidien des habitants. Certaines parcelles, autrefois occupées par des habitations, sont aujourd’hui devenues des zones d’effondrement. D’autres servent de passages aux habitants, contraints de contourner les terrains détruits pour rejoindre leurs destinations.

Selon un chef de travaux rencontré sur le site, la pose des bâches et des sacs de sable constitue une première mesure pour limiter le ruissellement des eaux pluviales, en attendant le déploiement des engins pour la suite des travaux.
« Nous sommes ici depuis samedi pour installer les bâches et les sacs de sable, parce que cette érosion progresse de jour en jour. Avant l’arrivée des engins pour commencer les travaux proprement dits, nous prenons cette première mesure pour protéger les parcelles et freiner sa progression pendant la saison des pluies », a-t-il expliqué.
Des accès devenus difficiles
Pour les habitants, les conséquences sont déjà lourdes. La dégradation des parcelles a rendu certains accès difficiles, voire impraticables pour les motos et les voitures. Les déplacements quotidiens sont ainsi compliqués, notamment pour les enfants et les personnes qui doivent traverser ces zones pour leurs activités.

« Cette situation pose de sérieux problèmes dans notre quartier. Pour aller acheter quelque chose, il faut contourner les parcelles avant d’arriver à destination. Les motos et les voitures n’accèdent plus à certains endroits. Nos enfants traversent aussi ces lieux pour aller puiser de l’eau. Nous souffrons, mais nous sommes contents de voir que les autorités ont envoyé les génies militaires pour commencer les travaux », témoigne Sarah Nzunzi, une habitante du quartier.
Jean Mukoko, un autre riverain, met en cause l’absence d’un système efficace de canalisation des eaux pluviales dans l’aggravation de cette situation.
« Ce que vous voyez ici, ce sont des parcelles et des maisons qui se sont effondrées. Lorsque les eaux de pluie arrivent avec force et qu’il n’y a pas de système de canalisation, elles commencent progressivement à emporter les parcelles, jusqu’à ce que nous arrivions à cette situation », explique-t-il.
Des initiatives locales face à l’érosion
Face à l’avancée des ravins, certains habitants et acteurs locaux ont pris des initiatives, notamment le reboisement et la plantation de bambous pour tenter de stabiliser les versants sableux. Les occupants des habitations situées dans les zones les plus exposées sont également appelés à les quitter pour éviter de nouvelles pertes.
Selon les témoignages de la population, ces ravins ont autrefois servi de lieux de déversement des immondices par des camions de collecte sous l’ancien gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta.
Milca Nlandu









