Kinshasa : passagers entassés, un quotidien difficile dans les bus (Focus360)

Il est 6 h 30 à Bumbu. Devant la maison communale, les passagers se pressent déjà. Les uns attendent les bus Toyota en direction du rond-point Victoire ; les autres se dirigent vers les Sprinter qui desservent le centre-ville. Dans quelques minutes, chacun cherchera une place dans des véhicules souvent pleins avant même le départ.
À l’intérieur, l’espace se fait rare. Dans certains Toyota, les sièges ont cédé la place à des bancs. Les passagers se serrent, se poussent doucement et finissent par accepter une place étroite, plutôt que de risquer un retard au travail ou au marché.
« Nous souffrons à cause des transports. Les chauffeurs et receveurs de Kinshasa ne sont pas prêts à arranger les sièges. Nous n’avons pas le choix : nous sommes obligés de monter, sinon nous arriverons en retard au marché. Même si l’espace est insuffisant, ils ajoutent encore des gens sans se rendre compte que le bus est petit », déplore Magali Nkelo, rencontrée par Authentic360.
Dans le bus communément appelé Sprinter, les sièges sont généralement mieux aménagés. Mais l’espace de circulation reste réduit : pour laisser descendre un passager, d’autres doivent parfois sortir momentanément du véhicule.
À l’avant, une pratique interdite persiste : le transport de trois personnes dans un espace prévu pour le chauffeur et un seul passager.
« Ce mode de placement n’est bon ni pour nous, ni pour la population, surtout lorsqu’il n’y a pas assez de places. Certains passagers qui ne supportent pas l’étouffement paient pour trois places afin d’être seuls. Cette pratique est interdite, mais nous la pratiquons quand même », reconnaît un chauffeur de Sprinter.
Sur d’autres axes, notamment entre Bongolo, N’Djili, Kimbanseke et le quartier 1, les bus Toyota 207, surnommés « Esprit de mort » par certains Kinois, présentent des conditions similaires. Les bancs permettent de transporter davantage de passagers, mais rendent le trajet plus inconfortable.
Jean-Marie Loko estime que cette organisation répond à une logique de rentabilité.
« Certains chauffeurs cherchent uniquement à gagner plus d’argent. Ils ont enlevé les sièges pour installer des bancs afin de transporter plus de personnes. Avec les Sprinter et les 207, la capacité était de 16 à 20 personnes. Maintenant, avec les bancs, ils peuvent transporter jusqu’à 25 personnes à l’intérieur », dénonce-t-il.
Même les bus Esprit de vie et ceux de la société publique Transco, mieux aménagés, ne sont pas épargnés par la surcharge sur certaines lignes, notamment celles reliant le centre-ville à la Tshangu.
À Kinshasa, prendre un bus reste ainsi un exercice d’équilibre : entre le coût du trajet, la disponibilité des véhicules et le confort que l’on est prêt à accepter pour arriver à destination.
Milca Nlandu









