Kinshasa : le ticket de stationnement sans parkings visibles (Focus360)

Chaque jour, à Bon Marché, des motards et des chauffeurs s’acquittent d’un ticket de stationnement avant de reprendre la route. Mais, pour plusieurs d’entre eux, la question reste la même : à quoi servent ces recettes, alors que les parkings publics adaptés se font toujours attendre ?
Instaurée en 2020, la taxe a connu plusieurs suspensions et réorganisations contractuelles avant sa relance en mars 2026 par l’Hôtel de Ville de Kinshasa, sous la supervision du ministère provincial des Transports. Son objectif affiché : financer la construction et l’aménagement de parkings, ainsi que d’arrêts de bus adaptés.

Thimoté Ntimba, motard à Bon Marché, estime que les promesses n’ont pas encore été traduites en réalisations visibles.
« Comme vous le voyez, chaque jour, on nous vend des tickets de 500 FC pour le stationnement, partout à Kinshasa et pour toute la journée. Cela commence du lundi au samedi. Malheureusement, depuis l’époque de Gentiny Ngobila jusqu’à aujourd’hui, aucun parking n’a été construit malgré les taxes que nous payons. Pourtant, nous continuons à payer, alors qu’il n’y a pas de parking dans la ville », déclare-t-il.
Il évoque également les sanctions encourues en cas de non-paiement.
« Le contrôle commence à 13 heures. Si vous ne payez pas le ticket, vous risquez une amende de 50 000 ou 100 000 FC. Nous demandons à l’État de trouver une solution », ajoute-t-il.
John Erick, lui aussi motard, décrit des contrôles perçus comme sources de tracasseries.
« Si vous n’avez pas le ticket de 500 FC, vous pouvez payer 50 000, 60 000, voire 100 000 FC. En dehors de cela, nous subissons de nombreuses tracasseries, notamment de la part du GR », témoigne-t-il.
Face à ces critiques, Séraphine Nsanga, agente taxatrice à Bon Marché, défend la procédure en place. Selon elle, les agents agissent sur instruction des autorités et transmettent les recettes à leurs superviseurs, avant leur envoi à la direction.

« Nous sommes des récolteurs et nous avons nos superviseurs. Après la vente des tickets, nous les apportons dans nos sociétés. À partir de là, le superviseur les transmet à la direction. Cet argent est destiné au projet de construction de parkings dans la ville de Kinshasa », explique-t-elle.
Elle reconnaît néanmoins la méfiance d’une partie des conducteurs.
« La population ne veut pas acheter les tickets. Elle dit que nous prenons l’argent sans rien faire. Beaucoup affirment ne voir aucune réalisation et refusent donc d’acheter », ajoute-t-elle.
Entre les attentes des usagers et les explications des agents, le dossier du stationnement payant illustre un défi plus large : celui de la transparence dans la gestion des recettes publiques.
Blessing Bopore









