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Nairobi : la diaspora congolaise condamne la coalition de Joseph Kabila avec le M23

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La diaspora congolaise vivant et travaillant à Nairobi, au Kenya, a condamné la création d’une nouvelle coalition politico-militaire dirigée par l’ancien président Joseph Kabila, en alliance avec le M23. Elle appelle à la paix et à la retenue dans l’est de la République démocratique du Congo.

Représentée par Lingo Ngbandani Ibrahim Prince, ancien député national et président de la Chambre de commerce et d’industrie congolaise internationale (CCCII.DRC), la diaspora exprime sa vive préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays.

« Nous pensions que les acteurs politiques et les groupes rebelles auraient pu donner une chance à la paix et au dialogue. Nous sommes surpris de voir émerger de nouvelles coalitions politiques soutenues par des rebelles, alors même que des processus de paix sont en cours », a déclaré Lingo.

La diaspora congolaise s’inquiète du lancement, par Joseph Kabila, du « Front pour la refondation de la nation » (FRN), une coalition politico-militaire incluant le M23, mouvement armé actif dans l’est de la RDC.

Joseph Kabila a présenté cette initiative lors d’une conférence de presse tenue lundi à sa résidence de Goma, ville sous contrôle du M23 depuis janvier 2025. Il a annoncé qu’il dirigerait le FRN aux côtés de chefs rebelles, notamment Corneille Nangaa, ancien dirigeant de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), désigné comme son adjoint.

« Il est inacceptable qu’un ancien chef d’État dirige un groupe rebelle cherchant à déstabiliser un gouvernement démocratiquement élu. Nous condamnons ses agissements et appelons les Congolais, tant dans la diaspora qu’au sein du pays, à résister aux tentatives visant à plonger la nation dans la crise », a affirmé Lingo Ngbandani Ibrahim Prince.

Pour ce groupe de la diaspora, l’initiative de Joseph Kabila constitue un affront aux différents processus de paix engagés pour mettre fin aux violences dans l’est du pays, une région riche en ressources minières largement touchée par l’insécurité.

« Si l’on laisse Joseph Kabila diriger un groupe rebelle, alors tous les efforts déployés pour instaurer la paix en RDC seront vains. Nous demandons qu’il soit stoppé, afin de donner une chance à la paix », a-t-il ajouté.

Les membres de la diaspora ont également évoqué les souffrances endurées par les populations congolaises affectées par la guerre, ainsi que l’échec de plusieurs processus de paix, souvent lié aux frustrations des groupes armés.

Des représentants du gouvernement congolais et du M23 devaient se réunir au Qatar en novembre pour des pourparlers. Toutefois, des analystes estiment que la création de cette nouvelle coalition pourrait compromettre ce processus.

Joseph Kabila a dirigé la RDC de 2001 à 2019, après l’assassinat de son père, le président Laurent-Désiré Kabila. L’an dernier, un tribunal militaire congolais l’a condamné à mort par contumace pour trahison, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, estimant qu’il avait collaboré avec le Rwanda et le M23.

L’ancien chef de l’État rejette ces accusations, qu’il qualifie de politiquement motivées. Plus tôt cette année, les États-Unis lui ont également imposé des sanctions en raison de son rôle présumé dans le financement de groupes rebelles.
La RDC, les États-Unis et des experts des Nations unies accusent le Rwanda de soutenir le M23, une allégation que Kigali dément.

Barack Oduor depuis Nairobi

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