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Médias : journalistes et experts planchent sur l’IA, la désinformation et la liberté de la presse à Kinshasa

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Kinshasa a servi de tribune, les 12 et 13 octobre, à une question qui traverse désormais toutes les rédactions du continent : comment faire du journalisme à l’ère de l’intelligence artificielle, des fausses informations et d’un modèle économique fragilisé ?

C’est autour de cette interrogation que la Fondation Konrad Adenauer Stiftung a réuni, pendant deux jours, des journalistes et experts venus de plusieurs pays africains. Le Forum international des médias en Afrique, organisé sous le thème « Médias en Afrique : développer la connectivité et l’innovation dans la gouvernance des médias », a voulu dépasser le simple constat pour esquisser des pistes concrètes.

L’intelligence artificielle n’a plus rien d’une perspective lointaine. Elle s’invite dans la production de contenus, la vérification des faits, la diffusion de l’information et les relations avec le public. Mais elle s’accompagne aussi d’un risque majeur : l’amplification de la désinformation sur les plateformes numériques.

Face à cette double réalité, les participants ont insisté sur la nécessité de former les journalistes, de renforcer les mécanismes de vérification et de préserver la confiance entre les médias et leurs audiences.

« Je pense que les bouleversements que nous avons observés sont encore en train de s’accentuer avec l’émergence de nouvelles réalités, notamment l’intelligence artificielle. Les médias, bien sûr, existent depuis longtemps, mais les transformations actuelles, ainsi que la montée des fake news, nous montrent qu’il est absolument nécessaire que nous travaillions ensemble sur ces grandes questions. Comme on le dit, à travers la désinformation et les plateformes numériques, le journalisme est sous pression », a expliqué Timo Roujean, représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer en RDC, lors de la cérémonie d’ouverture.

Pour lui, l’enjeu dépasse largement les salles de rédaction : il touche à la qualité du débat public et à la capacité des sociétés africaines à s’informer de manière fiable.

Autre fil rouge du forum : la viabilité économique des médias. Sur le continent, nombreuses sont les entreprises de presse qui peinent à financer une production journalistique indépendante et régulière. Les échanges ont donc exploré des modèles alternatifs, capables de concilier innovation technologique, diversification des revenus et protection de l’indépendance éditoriale.

Les intervenants ont également rappelé que l’adoption des nouveaux outils ne doit pas se faire au détriment de l’éthique professionnelle. L’IA peut soutenir le travail des journalistes, à condition de rester un instrument au service de l’information vérifiée, et non un substitut au discernement humain.

La rencontre s’est conclue par l’adoption d’un avant-projet de Charte médiatique en Afrique. Ce texte synthétise les recommandations issues des panels : gouvernance des médias, indépendance journalistique, innovation technologique et usage responsable de l’intelligence artificielle.

 

Blessing Bopore

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