Santé : le « chou portugais », un allié pour les personnes diabétiques ? Ce que dit un expert

Le nkovi, communément appelé « chou portugais » ou « couve portuguesa », est un légume à feuilles vertes apprécié pour son goût et sa place dans les habitudes culinaires familiales. Riche en fibres, en vitamines et en minéraux, il peut contribuer à une alimentation équilibrée. Selon un expert en nutrition dans un entretien avec Authentic360, sa consommation raisonnable peut notamment être bénéfique pour les personnes diabétiques ou hypertendues.
Au marché Q6, à Kinshasa dans la commune de N’djili, le nkovi reste disponible sur les étals. Pour Mme Menankunsima, vendeuse de ce légume depuis près de vingt ans, sa commercialisation est une activité qu’elle exerce depuis longtemps.
Elle affirme s’approvisionner elle-même dans les champs de la CECOMAF. « Ça fait vraiment longtemps que je vends », confie-t-elle.
La disponibilité du nkovi varie selon les saisons. D’après la vendeuse, ce légume est plus accessible pendant la saison sèche, période durant laquelle une botte se vend à 1 000 francs congolais. En saison des pluies, le prix peut atteindre 2 000 francs congolais la botte.
« Pendant la saison sèche, il se vend à 1 000 FC et pendant la saison de pluies, il se vend à 2 000 FC », explique Mme Menankunsima.
Elle précise également que le nkovi n’est pas facile à trouver dans tous les marchés de la commune. Selon elle, sa présence au marché Q6 s’explique notamment par la présence de vendeurs bakongos.
« Vous trouverez le nkovi qu’au marché 6. Au marché de la Liberté, vous n’en trouverez pas. Au marché 6, il y a les Kongos qui vendent ça, à la différence du marché de la Liberté », affirme-t-elle.
Le chou portugais est riche en fibres, en vitamines C et K, en folates et en minéraux. Grâce à ses fibres, il favorise le transit intestinal et aide à prévenir la constipation.
Sa faible teneur en calories et sa richesse en fibres peuvent également contribuer au contrôle de la glycémie, du poids et du cholestérol. Ces effets sont particulièrement intéressants pour les personnes diabétiques ou hypertendues, dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée.
« Le chou portugais est un aliment nutritif et bénéfique pour la santé, mais il ne remplace pas un traitement médical. Ses bienfaits dépendent surtout de la quantité consommée, de sa préparation et de l’équilibre global de l’alimentation », explique le Dr Adolphe Nyakasane, pédiatre et expert en nutrition.
Les précautions à connaître
Le Dr Adolphe Nyakasane explique que, comme les autres légumes de la famille du chou, le nkovi peut contenir des substances dites « goitrogènes ». Selon lui, consommées en grande quantité, surtout en cas de carence en iode, ces substances peuvent interférer avec l’utilisation de l’iode par la thyroïde et favoriser l’apparition d’un goitre.
Le médecin précise toutefois qu’une consommation habituelle et raisonnable de chou bien cuit ne présente généralement pas de risque important pour la thyroïde. La cuisson permet de réduire l’effet de ces composés.
Il attire également l’attention sur les risques liés à une mauvaise hygiène. Un lavage insuffisant des feuilles peut favoriser la transmission de microbes ou de parasites. Les consommateurs sont donc invités à laver soigneusement le nkovi à l’eau potable avant de le cuisiner.
Le Dr Nyakasane indique par ailleurs qu’une consommation excessive peut provoquer des ballonnements et des gaz, en raison de la richesse du légume en fibres.
Qui doit être prudent ?
Le Dr Adolphe Nyakasane explique que les personnes souffrant de troubles thyroïdiens, notamment en cas de carence en iode, ainsi que celles atteintes de maladies rénales nécessitant une restriction du potassium, devraient demander conseil à un professionnel de santé avant d’en consommer régulièrement en grandes quantités.
Selon le médecin, les personnes sous anticoagulants, comme la warfarine, doivent également maintenir une consommation régulière de vitamine K et éviter les variations importantes de leur consommation de chou.
En pratique, le Dr Nyakasane indique qu’une portion d’environ 100 à 150 g de chou portugais cuit par jour peut convenir à la plupart des adultes, dans le cadre d’une alimentation diversifiée. Il recommande de bien laver les feuilles à l’eau potable et de privilégier une cuisson adaptée.
Pour certains consommateurs, le nkovi ne représente pas seulement un produit acheté au marché. Il est aussi associé à des habitudes alimentaires entretenues au sein des familles.
Ange, rencontrée dans le cadre de cette enquête, affirme connaître ce légume depuis longtemps et en consommer régulièrement.
« Je ne passe pas un mois sans le manger », témoigne-t-elle.
Elle indique accompagner habituellement le nkovi du fufu ou de la chikwangue. Interrogée sur ce qui motive son attachement à ce légume, elle évoque son goût et les habitudes familiales.
« Le goût et les habitudes familiales », répond-elle.
Pour cette consommatrice, le prix n’influence pas particulièrement sa consommation. « Peu importe le prix, je l’achète », affirme-t-elle.
L’origine du nkovi
Originaire des régions méditerranéennes, le nkovi s’est progressivement intégré aux habitudes alimentaires de plusieurs pays africains. En République démocratique du Congo, il reste particulièrement associé aux communautés bakongo, qui le consomment avec le fufu ou la chikwangue.
Gracia Nlemvo











