Octobre Rose 2026 : la RDC lance le dépistage gratuit des cancers du sein et du col de l’utérus

C’est un sursaut sanitaire face à un fléau silencieux qui touche des milliers de femmes en République démocratique du Congo. Ce 1er octobre, premier jour d’« Octobre Rose », le gouvernement congolais donne le coup d’envoi d’une vaste campagne nationale de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus.
L’urgence est chiffrée : chaque année, le pays enregistre plus de 9 700 nouveaux cas de cancer du sein et plus de 11 200 cas de cancer du col de l’utérus, selon les données de GLOBOCAN 2024 reprises par le ministère de la Santé publique.
Pour inverser la tendance, les autorités sanitaires s’engagent sur le long terme. Le programme, prévu jusqu’en 2028, ambitionne de dépister 912 000 femmes dans six provinces : Kinshasa, le Kongo Central, le Haut-Katanga, l’Équateur, la Tshopo et le Kwilu.
À Kinshasa, 5 000 femmes pourront également bénéficier gratuitement d’un dépistage du cancer du sein, selon le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba. Il exhorte toutes les Congolaises, même celles ne présentant aucun symptôme, à s’inscrire dès aujourd’hui dans le centre de dépistage le plus proche.
Le message officiel se veut direct : « N’attendez pas que la maladie se manifeste pour agir. »
Une campagne nationale jusqu’en 2028
Lancée à l’occasion d’Octobre Rose, cette initiative est menée par le ministère de la Santé publique, avec l’appui de la Banque mondiale et de Roche. Elle vise à renforcer la prévention et le dépistage précoce de deux cancers qui figurent parmi les plus meurtriers chez les femmes.
Dans les six provinces ciblées, 912 000 femmes devraient pouvoir accéder au dépistage du cancer du col de l’utérus au cours de la période couverte par le programme. L’objectif est d’identifier plus tôt les lésions précancéreuses ou les cancers à un stade encore traitable.
Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est de rapprocher les services de dépistage des femmes et de réduire les retards de diagnostic. Dans de nombreux cas, les patientes consultent encore lorsque les symptômes sont déjà avancés, ce qui complique la prise en charge.
Kinshasa : 5 000 dépistages gratuits du cancer du sein
La capitale congolaise bénéficie d’un volet spécifique consacré au cancer du sein. Cinq mille femmes pourront y accéder gratuitement au dépistage, une mesure destinée à lever une partie des obstacles financiers qui empêchent certaines patientes de consulter.
Le ministère appelle les femmes concernées à s’inscrire, à choisir un site de dépistage proche de leur domicile et à respecter le rendez-vous fixé. L’appel s’adresse également aux femmes qui se sentent en bonne santé.
« Chères mamans, nos sœurs, nos filles, nos épouses, nos amies : prenez quelques minutes pour vous. Inscrivez-vous dès maintenant, choisissez le site de dépistage le plus proche de chez vous et présentez-vous à votre rendez-vous. Même sans symptôme, faites-vous dépister », a déclaré Roger Kamba.
Briser le silence autour des cancers féminins
Au-delà de la campagne d’Octobre Rose, le gouvernement veut faire du dépistage un réflexe de santé publique. L’ambition est de mieux informer les femmes, de prévenir les diagnostics tardifs et d’améliorer l’orientation des patientes vers les services de soins lorsque cela est nécessaire.
Le ministre de la Santé appelle ainsi les Congolaises à relayer le message autour d’elles, auprès de leurs proches, de leurs collègues et dans leurs communautés.
« Votre santé compte. Votre vie compte. N’attendez pas que la maladie se manifeste pour agir. Faites-vous dépister et encouragez une autre femme à en faire autant. Ensemble, protégeons nos vies », a insisté Roger Kamba.
À l’échelle mondiale, Octobre Rose est une campagne annuelle de sensibilisation consacrée à la lutte contre le cancer du sein. Elle vise à informer le public sur les moyens de prévention, l’importance du dépistage précoce, l’accès aux soins et l’accompagnement des personnes touchées par la maladie. Chaque année, durant le mois d’octobre, des institutions publiques, associations, professionnels de santé et organisations de la société civile multiplient les activités de communication, les consultations de dépistage et les appels à la solidarité envers les patientes.
Mbelechi Msoshi










