Contraception irréversible en RDC : l’AFEJUCO propose de réduire de trois à un le nombre de médecins requis

L’Association des femmes juristes du Congo (AFEJUCO) propose de réduire de trois à un le nombre de médecins dont l’avis est requis avant toute contraception irréversible en République démocratique du Congo. Cette recommandation figure dans une étude réalisée dans le cadre du plaidoyer en faveur de la révision de l’article 81 de la loi n°18/035 du 13 décembre 2018 relative à l’organisation de la santé publique.
Cette proposition a été présentée à Kinshasa dans le cadre d’une campagne menée par les organisations de la société civile sur la contraception irréversible. Près d’une cinquantaine d’organisations participent à cette démarche, avec l’objectif d’harmoniser leur plaidoyer et de sensibiliser les décideurs à une réforme du cadre légal.
L’article 81, alinéa 2, prévoit qu’en cas de contraception irréversible, « le consentement est écrit, après avis de trois médecins et du psychiatre ».
Pour la présidente de l’AFEJUCO, Me Pélagie Ebeka, une réforme de cette disposition permettrait de simplifier la procédure sans remettre en cause le consentement libre et éclairé du patient.
« Nous estimons qu’une réforme de l’article 81, alinéa 2, est nécessaire afin de simplifier la procédure, sans remettre en cause les garanties liées au choix libre et éclairé », a-t-elle déclaré.
Adapter la procédure aux réalités du terrain
L’AFEJUCO propose également qu’en l’absence d’un psychiatre, l’avis d’un psychologue clinicien puisse être pris en compte. Dans les milieux reculés, un infirmier formé en santé mentale pourrait également intervenir, selon cette organisation.
Pour Me Pélagie Ebeka, ces propositions tiennent compte des capacités réelles du système de santé congolais, notamment du manque de spécialistes.
« Le nombre de médecins reste insuffisant par rapport à la population et les psychiatres sont particulièrement rares et concentrés dans certaines grandes villes », a-t-elle expliqué.
Selon les données du Programme national de santé mentale citées dans l’étude de l’AFEJUCO, la RDC ne disposerait que de 59 psychiatres pour l’ensemble du pays.
L’organisation recommande par ailleurs que le ministre ayant la Santé publique dans ses attributions puisse fixer, par arrêté, les normes et directives pratiques relatives à la contraception irréversible.
Un plaidoyer auprès de l’Assemblée nationale
Pour l’AFEJUCO, la contraception irréversible existe en RDC, mais son accès reste confronté aux contraintes du cadre légal et aux tabous sociaux.
« Les médecins assurent les actes, les ONG jouent un rôle d’intermédiation essentiel », a souligné Me Pélagie Ebeka.
L’AFEJUCO indique mener actuellement un plaidoyer auprès de l’Assemblée nationale pour l’inscription de cette question au calendrier de la session parlementaire de septembre 2026.
La campagne des organisations de la société civile vise ainsi à obtenir une évolution du cadre légal, tout en maintenant les garanties destinées à assurer un choix libre et éclairé des personnes concernées.
Ditsh











