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Entre juin et août, les kermesses ont rythmé la vie à Kinshasa. Familles, jeunes, couples, amis et commerçants s’y retrouvaient autour de la musique, des loisirs et des petits commerces. Mais maintenant que les kermesses ont fermé leurs portes, les témoignages recueillis sur place font apparaître une autre facette de ces lieux de divertissement.

À la kermesse de l’IPG, dans la commune de la Gombe, Authentic360 a recueilli plusieurs témoignages autour des propositions de services sexuels adressées à des hommes. Porté par des réseaux de « proxénètes » déguisés en tenanciers de stand, le « marché du sexe » a rapporté gros.

Un de ces réseaux aurait été tenu pour un « homme à l’allure féminine » dont le stand a refoulé du monde tout au long de la fête foraine. Bien plus que la boisson et de la bonne humeur, le tenancier proposé un menu encore plus attractif sous les tables.

« Chaque soir, des filles prenaient place dans ce stand, habillées de façon à mettre en valeur leurs atouts physiques », témoigne un client. Un autre affirme avoir été abordé directement par une de ces filles.

Des tarifs « hors-prix »

Tenté par le coup, ce dernier aurait décommandé face à la facture proposée et fixée à 120$ l’heure.

« Le prix était surprenant et exagéré», confie-t-il avec le sourire.

À la kermesse IPG, l’addition pour une partie de plaisir variait en fonction de la demande et du profil du client. Un autre habitué de la kermesse de l’IPG, âgé d’une cinquantaine d’années, raconte avoir été abordé par une femme qu’il décrit comme habillée de manière séduisante.

«Elle m’a abordé pour me proposer son service qui, du reste, ne m’intéressait pas», témoigne-t-il.

Tout en reconnaissant l’existence de ce «business du sexe» à la kermesse de l’IPG, une tenancière a expliqué que le lieu où le client était approché pouvait notamment influer sur le tarif.

« Dans l’espace VIP, les factures étaient très salée, même pour le plaisir », explique-t-elle. En plus de cela, plus le client avait bonne mine, plus l’enchère montait, explique une autre tenancière.

Aux abords du parking, un agent de sécurité décrit une autre réalité. Les tarifs y auraient été beaucoup plus abordables, pouvant varier, selon lui, entre 5 000 et 10 000 francs congolais.

« C’est ici, sur les tables, que ça coûte des dollars. Dehors, là-bas, c’est très abordable», souligne-t-il.

Dans le parking, tout allait vite et l’affaire pouvait se conclure sur place. Une femme qui se présente comme professionnelle du sexe a révélé que certaines parties de plaisir se passaient directement à bord des véhicules.

«Je propose mon service et si le gars a son véhicule, on fait directement l’affaire», raconte-t-elle.

À la kermesse située en face de la Maison Schengen, un visiteur dit avoir remarqué des mouvements de véhicules dans le parking. Il affirme y avoir observé des situations qu’il associe à des rencontres sexuelles, sans toutefois en préciser la nature. «Il y a des choses qui se font dans les parkings de kermesse. J’étais le week-end dernier à la kermesse en face de la Maison Schengen. Juste au parking, j’ai vu des choses, des véhicules bougeaient», témoigne-t-il.

Ce qu’il dit avoir observé l’amène à remettre en question la vocation de certains de ces espaces. «Il faut interdire les kermesses à Kinshasa, ça détruit les mœurs. C’est devenu un marché pour les professionnelles du sexe», déplore-t-il.

Les kermesses fermés, les comptent se poursuivent à Kinshasa, notamment avec le récit de ceux qui les ont fréquentées et qui racontent, au-delà de la fête et des loisirs, des rencontres et des propositions d’une autre nature, qui auraient eu lieu dans certains espaces, loin des scènes et des regards.

Yvette Ditshima 

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