RDC : kermesses à Kinshasa, le difficile pari de la rentabilité

Après près de deux mois d’activités, les kermesses de Kinshasa ont fermé leurs portes samedi. Finis les concerts et les moments de retrouvailles entre amis dans ces lieux de plaisance qui ont animé les vacances, à défaut de véritables espaces de loisir. Quarante-huit heures avant la rentrée des classes, le gouvernement provincial a sifflé la fin de la récréation.
La fête terminée pour les clients, les tenanciers font désormais les comptes. Derrière les concerts, les tables occupées et l’affluence des vacances, une petite économie s’est développée pendant ces deux mois avec la vente de nourriture, de boissons, de vêtements et autres produits. Comme dans toute affaire, les commerçants attendaient à coup sûr un retour sur investissement mais aussi des bénéfices.
Mais au moment de dresser le bilan, les résultats ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Certains ont réussi à récupérer leur capital, d’autres affirment avoir réalisé des bénéfices. Pour quelques-uns, en revanche, l’expérience aura surtout permis de sauver la mise. À la kermesse IPG dans la commune de la Gombe, une jeune dame rencontrée le jour de la clôture raconte avoir déboursé 2.200 dollars pour obtenir un stand à l’espace VIP. Avec les autres dépenses engagées, elle aura investi un total d’environ 3.000 dollars, marchandises comprises. Deux mois plus tard, les affaires n’ont pas été totalement florissantes pour elle.

« J’ai seulement pu récupérer mon capital de 3 000 dollars en deux mois. Ce n’était pas facile d’accueillir des clients, vu la grandeur de l’espace. C’est la deuxième fois que je prends un stand dans une kermesse, mais cette fois-ci a été une déception », témoigne-t-elle.
Quelques stands plus loin, le bilan est différent. Après avoir investi autant que sa voisine dans l’acquisition du stand, une autre tenancière se réjouit de son bilan comptable. En plus d’avoir récupéré sa mise, elle a réalisé un profit équivalent à environ 50% du total investi.
« Ce n’était pas facile de vendre dans cet espace sans carnet d’adresses pour pouvoir récupérer son capital et faire du bénéfice comme je l’ai fait. Il fallait miser sur ses connaissances. Voilà, j’ai fait de bonnes recettes en dehors de mon fonds d’investissement », raconte-t-elle, en poussant un ouf de soulagement.
Pour elle, comme pour plusieurs qui ont pu tirer leur épingle du jeu, c’est surtout le réseau qui a joué un rôle déterminant. Ces différences de bilan permettent aussi de comprendre la polémique autour des prix qui a accompagné certaines kermesses. À la kermesse de l’IPG notamment, plusieurs clients se sont plaints du coût des consommations, parfois jugé supérieur à celui pratiqué dans les terrasses et débits de boissons ordinaires.
Interrogés, les tenanciers ont justifié cet écart par les dépenses engagées pour participer à la kermesse. Si le stand à lui seul représentait déjà un investissement important, il fallait également inclure l’aménagement, l’achat des marchandises, le personnel et les autres charges nécessaires au fonctionnement de l’activité.
Abordé, un « standier » déjà tenancier d’une terrasse dans la cité affirme avoir décidé de participer à la kermesse en raison de l’attractivité de ce type de d’organisation foraine, notamment avec les concerts des musiciens. Toutefois, cette affluence ne s’est pas transformée en chiffre d’affaires pour tout le monde.
Yvette Ditshima











