C64 : après deux reports, le 15 septembre sera-t-il le rendez-vous de la mobilisation ?

Il est devenu presque habituel pour la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) de reporter ses mobilisations. Après les marches annoncées pour les 8 et 22 juillet, toutes deux finalement reportées, la coalition maintient désormais le cap sur le 15 septembre prochain.
Cette nouvelle date, annoncée dans un communiqué publié samedi 15 août, coïncidera avec la rentrée parlementaire. La mobilisation doit avoir pour point de chute le Palais du Peuple, siège du Parlement. La C64 entend ainsi dénoncer toute initiative visant, selon elle, à modifier ou contourner la Constitution.
« Aucune révision, aucun changement de Constitution, aucun référendum, aucun artifice juridique ne peut servir à contourner l’article 220, à neutraliser la portée de l’article 70 ou à ouvrir, sous quelque forme que ce soit, la voie à un troisième mandat de M. Félix Tshisekedi », affirme la coalition.
La C64 reste également méfiante après le renvoi au Parlement, par Félix Tshisekedi, de la loi fixant les conditions d’organisation du référendum pour une nouvelle délibération.
« Le renvoi au Parlement de la loi portant organisation du référendum pour une nouvelle délibération ne constitue ni le retrait de cette loi ni une renonciation formelle au projet de changement de Constitution », soutient-elle.
Pourquoi les précédentes marches ont-elles été reportées ?
Le premier rendez-vous de la C64 était fixé au 8 juillet. La coalition avait finalement décidé de reporter la mobilisation après l’invitation de ses responsables par le président burundais Évariste Ndayishimiye, alors président en exercice de l’Union africaine, pour des consultations consacrées à la situation politique, sécuritaire et institutionnelle de la RDC.
Une nouvelle marche avait ensuite été annoncée pour le 22 juillet. Là encore, la C64 avait suspendu ses activités de terrain, cette fois dans l’attente de l’évolution du processus de dialogue national. Ses responsables avaient notamment échangé avec les représentants des Églises catholique et protestante.
À l’issue de ces consultations, la coalition avait fixé au 15 août son ultimatum au pouvoir. Elle attendait notamment du président Tshisekedi la signature de l’ordonnance portant convocation du dialogue.
L’échéance est passée sans que cette ordonnance ne soit prise. Le gouvernement avait, de son côté, rejeté l’idée d’une pression exercée sur le chef de l’État.
« L’agenda du président de la République ne répond à aucune forme d’ultimatum », avait déclaré Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, fin juillet.
Le dialogue pourrait-il changer la donne ?
Le contexte politique s’est toutefois déplacé depuis. Deux jours après la publication du communiqué de la C64, Félix Tshisekedi, alors en séjour au Gabon, a évoqué la convocation prochaine d’un dialogue national inclusif.
Face à la diaspora congolaise réunie à Libreville, le chef de l’État a promis un processus qui sera, selon ses propres termes, « différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays ».
La date et les contours de cette initiative restent encore à préciser. Mais sa convocation dans les prochaines semaines pourrait modifier le calendrier politique et, potentiellement, les plans de la C64.
Pour l’heure, la coalition maintient son rendez-vous du 15 septembre, avec le Palais du Peuple comme point de chute. Reste à savoir si ce troisième rendez-vous sera effectivement maintenu et, surtout, s’il marquera cette fois le passage de l’annonce à la mobilisation.
Jevic Ebondo










