Kinshasa : à Kinkole, une femme pêcheuse lance un cri d’alarme sur le manque d’équipements

Sur les eaux du majestueux fleuve Congo, à Kinkole, dans la commune de N’Sele, la pêche artisanale n’est pas l’apanage exclusif des hommes. Chaque jour, des femmes prennent elles aussi la pirogue pour subvenir aux besoins de leurs familles. C’est le cas de Mariame Semwamandjo qui, après 27 ans passés à vivre au bord du fleuve, lance un cri d’alarme sur le manque de matériel indispensable à son activité. Vêtue d’un pagne vert et d’un singlet blanc, elle dirige elle-même sa pirogue avant de raconter les difficultés auxquelles sont confrontés les pêcheurs artisanaux.
« Je vends du poisson frais et je vais aussi à la pêche. Cela fait 27 ans que je vis ici à Kinkole. Nous avons un sérieux problème de matériel. Nous manquons de filets et d’autres engins pour pêcher, notamment des filets et des hameçons », témoigne-t-elle.

Face à ce calvaire, cette mère de famille interpelle les autorités sur les conditions de vie des pêcheurs de Kinkole, dont les revenus dépendent entièrement de la pêche. « Sans ce travail, comment vais-je nourrir mes enfants ? Je lance un cri de secours aux autorités pour nous, les pêcheurs de Kinkole. Au fond de l’eau, les herbes envahissent certaines zones de pêche, mais nous n’avons pas le matériel nécessaire pour les couper. Nous avons besoin d’aide. Que la Première Dame se souvienne de nous en tant que maman », plaide-t-elle.
À Kinshasa, cette situation n’est pas singulière. Dans pays où l’industrie de la pêche est encore embryonnaire, les pêcheurs artisanaux sont confrontés à diverses difficultés, malgré l’immense potentiel halieutique du pays. Cette année, la RDC a célébré la 59e édition de la Journée nationale du poisson. Si ailleurs le secteur de la pêche s’est progressivement modernisé grâce aux techniques industrielles, la pêche demeure en grande partie artisanale en RDC, où les professionnels continuent de travailler avec des moyens limités.
Jevic Ebondo









