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Septembre 2016, l’Opposition congolaise se mobilise pour exiger le départ de Joseph Kabila, au terme de son second et dernier mandat constitutionnel. Les manifestations sont violemment réprimées par la Police mais trois mois plus tard, un consensus est trouvé pour un glissement et une co-gestion de deux ans avant le départ de Kabila. Juin 2026, près de dix ans se sont écoulés. Félix Tshisekedi, devenu président de la République au terme de l’alternance de janvier 2019, se rapproche de la fin de son bail au palais présidentiel de Kinshasa.

Mais comme en 2016, l’Opposition craint de voir le nouvel homme fort du pays reproduire ce qu’il dénonçait hier. Réunie au sein de la Coalition C64, elle a organisé un sit-in à Kinshasa, devant le siège du parlement, pour exiger le respect de la Constitution. Et comme en 2016, la manifestation est violemment dispersée par la police. Aux yeux de ses détracteurs, le régime Tshisekedi vient carrément de ressusciter le régime Kabila sans ouvrir son cercueil politique. Répression à l’ancienne, marches interdites, sit-in dispersé, gaz lacrymogènes, matraques, arrestations, militants et leaders de l’opposition blessés…, les mauvaises pratiques de l’ancien régime semblent avoir repris du poil de la bête, avec un nouvel emballage.

Il y a dix ans, manifestations de l’opposition rimaient avec véhicules incendiés, pneus brulés, sièges des partis de l’opposition saccagés, trouble à l’ordre public. Révolu un temps, cette époque renaît, tel un phénix, alors que le président Tshisekedi, issu des rangs de l’Opposition, avait promis d’instaurer un État de droit dans le pays.

Fayulu cobaye des alternances ?

Pourtant, les réalités observées sont encore loin des promesses de l’opposant d’hier. Kabila a voulu toucher à la constitution pour rester au pouvoir. Plus anecdotique, Kabila a été traité de « dictateur » par l’opposant Tshisekedi qui l’accusait de vouloir modifier la Constitution. A l’époque, Fayulu en a payé le prix : une blessure à la tête. Dix ans plus tard, des opposants taxent désormais Tshisekedi de dictateur et Fayulu a de nouveau été blessé… à la tête. Une répétition troublante qui alimente le sentiment, chez certains opposants, que l’alternance n’a pas profondément changé les méthodes de gestion de la contestation politique.

« Les régimes changent en RDC, mais pas les méthodes. De Kabila à Tshisekedi, les promesses ont évolué mais la répression aussi », déplore un cadre d’Ecidé.

Dix ans après les mobilisations contre Joseph Kabila, une partie de l’opposition affirme ainis retrouver les mêmes pratiques dénoncées hier par celui qui « les ordonne ». Pour cette frange, l’alternance a changé les hommes au sommet de l’État, sans apporter une véritable transformation de la gestion publique et de la contestation politique.

JHS

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