Kinshasa : Fayulu, le blessé qui rappelle la marche de 2016 contre Joseph Kabila

Vendredi 12 juin à Kinshasa, la journée de Martin Fayulu a pris des allures du déjà vécu. En tête d’affiche du sit-in organisé par la Coalition Article 64 (C64), le leader du parti politique Ecidé a de nouveau été touché, neuf ans et neuf mois après les scènes du 19 septembre 2016. A l’époque, il a accusé la Police de lui avoir administré des coups à la tête lors d’une marche pour exiger le départ de Joseph Kabila.
De Kabila à Tshisekedi, Fayulu est resté opposant mais pas que. Surnommé le «Neymar de la politique congolaise» par certains non pour ses dribbles, mais pour ses pleurs, «MaFa» draine la réputation d’un dénonciateur. Lui ne simule pas. Quand il tombe, c’est pour de vrai. Quand il saigne, c’est le rouge sang, pas rouge carton.
« On m’a mis les doigts partout »

D’un régime à l’autre, il s’est forgé une réputation de blessé récurrent des manifestations anti-pouvoir. Le 15 septembre 2021, c’était encore lui la vedette de la marche anti-CENI. « On m’a fait tout ce qu’on peut faire, on m’a mis les doigts partout », avait-il vociféré, après avoir été « brutalisé » par la Police.
Contrairement à 2016 et 2021, Fayulu n’est pas allé à l’hôpital cette fois-ci. Ensanglanté, il a été retiré du lieu des émeutes avant de s’adresser à la presse, dans un état acceptable. Ce sit-in de l’opposition a tourné au vinaigre face au refus des organisateurs d’obtempérer à la délocalisation du Palais du Peuple vers le terrain Assossa, deux lieux distants d’environ un kilomètre. Pour justifier cette mesure, les autorités de la capitale avaient évoqué l’inviolabilité du siège du Parlement.
JHS










